10 raisons de regarder LA LOI DU MARCHE avec Vincent Lindon

Posté par michael le mercredi 18 octobre 2017 il y a 1 semaine

1. L’histoire

À 51 ans, après 20 mois de chômage, Thierry commence un nouveau travail qui le met bientôt face à un dilemme moral. Pour garder son emploi, peut-il tout accepter ?

2. Stephane Brizé

Réalisateur de l’intime et des silences qui veulent dire beaucoup, Stéphane Brizé connaît un grand succès avec son troisième film, la jolie comédie romantique Je ne suis pas là pour être aimé avec Patrick Chesnais, un homme hermétique aux sentiments qui se découvre des émotions grâce à des cours de tango. En 2010, il décroche à nouveau un beau succès avec le très beau drame sentimental Mademoiselle Chambon dans lequel Vincent Lindon, un bon père de famille, commence à nourrir des sentiments pour l’institutrice de son fils incarnée par son ex-compagne Sandrine Kiberlain. En 2012, il tourne le très âpre Quelques Heures de printemps qui voit se confronter Vincent Lindon (encore lui) avec sa mère, condamnée par la maladie.

3. Vincent Lindon

Les injustices sociales, il les connaît bien. Il en est un peu le spécialiste dans le cinéma français après des rôles marquant dans La CriseFredMa Petite Entreprise et WelcomeLa Loi du Marché était donc fait pour lui, presque le rôle d’une vie. Le film lui a, après tout, valu un Prix d’interprétation à Cannes et le César du meilleur acteur, le premier de sa carrière (malgré cinq nominations auparavant). C’est d’ailleurs lui qui est à l’initiative du projet, comme il l’a raconté au JDD: “J'avais regardé un reportage sur deux employés dans un centre commercial, qui m'avait révolté. On y voyait ce qu'un homme peut faire d'innommable pour sauver sa peau. Le soir même, j'en parlais à Stéphane Brizé, qui pensait à tourner ce genre de sujet depuis longtemps. Il a écrit rapidement 10 pages que j'ai immédiatement adorées.”

4. Un film sur la violence du monde

Au delà du film de société et la précarité, La Loi du Marché est un film plus général sur la façon dont les individus réagissent ou non face à l’injustice, face au manque d’humanité (parfois inconscient) chez les autres. “Mes films ont toujours traité de l’intime mais sans mettre en écho l’homme et son environnement social. L’étape suivante était d’observer la brutalité des mécanismes et des échanges qui régissent notre monde en confrontant l’humanité d’un individu en situation de précarité à la violence de notre société”, raconte Stéphane Brizé.

5. Un film politique

“Cet homme n’est pas mis dehors parce qu’il fait mal son travail, il est mis dehors parce que des gens veulent gagner plus d’argent. Thierry est la conséquence mécanique de l’enrichissement de quelques actionnaires invisibles. Il est un visage sur les chiffres du chômage que l’on entend tous les jours aux informations. C’est parfois juste une brève de deux lignes mais cela cache des drames absolus.”

6. Une production atypique et cohérente

Stéphane Brizé à raconté au Monde: “Il y a quinze ans, pour faire ce genre de film social, on trouvait sans trop de problèmes les 2 millions, 2 millions et demi d’euros nécessaires. Aujourd’hui, tout a changé. Notamment la technologie, ces nouvelles caméras qui font qu’on n’a plus besoin d’équiper les plateaux avec les sources de lumière qu’on utilisait auparavant. Quant au financement, comme je n’avais aucune envie d’attendre un an et demi, j’ai appelé Vincent [Lindon] et je lui ai dit que je voulais faire le film avec un tout petit budget. Tout le monde, acteurs et techniciens, payé au tarif syndical, et nous trois, le producteur, Vincent et moi, en participation. Immédiatement, il m’a dit : ‘J’adore!’.”

7. Des acteurs non professionnels

L’idée était de trouver une vérité qu’il est impossible de trouver avec des acteurs professionnels, aussi doués soient-ils, comme le rappelle Stéphane Brizé: “Il y a beaucoup de rôles qui correspondent à des fonctions précises ; les agents de sécurité, la banquière, les agents de Pôle-Emploi, les hôtesses de caisse, etc… La directrice de casting a donc cherché en tout premier des personnes qui occupaient la fonction du film dans la vie. J’ai été bluffé par les gens que j’ai rencontrés. Je doute qu’ils sachent faire ce que des acteurs font mais ce qu’ils font, je pense qu’aucun acteur n’est capable de le faire. C’est fascinant de voir des personnes arriver devant un metteur en scène et une directrice de casting, dans un bureau qu’ils ne connaissent pas et imposer avec une autorité sidérante une vérité aussi brute et puissante. D’où leur vient cette capacité à être ce qu’ils sont devant une caméra? C’est un mystère qui me fascine complètement.”

8. Un style documentaire

Stéphane Brizé raconte son parti-pris esthétique: “J’ai fait le choix de prendre un chef opérateur qui ne fait que du documentaire. Je voulais qu’il ait l’habitude d’être totalement autonome avec le cadre, la mise au point et l’ouverture du diaphragme. J’ai travaillé avec Eric Dumont, un jeune chef opérateur d’à peine plus de 30 ans qui n’avait jamais fait de fiction. Je lui parlais précisément du point de vue de la scène et charge à lui de le traduire en cadres. Il devenait alors complètement acteur de la séquence. Car en fonction de ce qu’il cadrait, il lui imposait un sens ou un autre. Ce qui m’intéressait c’était le point de vue de Thierry/ Vincent. C’est lui qui est au centre du récit. C’est ce qu’il reçoit qui m’intéresse. C’est pour cela que je le filme parfois longuement alors qu’il n’est pas forcément celui qui anime la scène. Je le filme comme un boxeur qui reçoit des coups sans forcément m’attarder sur celui qui les donne. Le choix du cinémascope est d’ailleurs complètement lié à cela car j’avais besoin de parfois faire entrer dans le cadre plus ou moins nettement ce qui se déroule en face ou à côté de Thierry.”

9. Un film de silence

“Je suis très marqué par le cinéma de Michael Haneke. Cette manière d’accepter de passer par quelques secondes de lassitude pour accéder à l’émotion. Parmi les cinéastes qui comptent pour moi, il y a Ken Loach. J’aime sa manière de faire résonner l’intime et le social. A la fois populaires et hyperintelligents, ses films nous questionnent et nous émeuvent. Il respecte ses spectateurs.”

10. Les critiques

“Vincent Lindon est très fort (...) et, pour le coup, les nombreux non-professionnels qui l’entourent ne sont jamais traités comme de simples faire-valoir.” - Libération

“Stéphane Brizé a réalisé un film à nul autre pareil, moderne, puissant, engagé (...). Pour dire la vie telle qu’elle est, il n’y a que le cinéma, ce cinéma-là plus encore que les autres, quand un Brizé, un Lindon, des inconnus inoubliables s’en emparent.“ - Le Nouvel Observateur

“Bientôt l'émotion gagne. Bientôt, la dureté du bitume fait mal. Derrière l'écran, la rage. (...) Un film social et fort, en compétition à Cannes, avec un Vincent Lindon extraordinaire.” - L’express

“Brizé traque le romanesque derrière les situations les plus banales qui soient, faisant à la fois de Thierry un héros du quotidien et le miroir d’une société gangrenée par le chômage de masse et l’individualisme galopant.” - Première

Source Images : Nord-Ouest Films - Arte France Cinéma

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