12 raisons de regarder LA BARBE A PAPA

Posté par michael le lundi 25 septembre 2017 il y a 5 mois

1. L’histoire

Au Kansas, dans les années 30, Moses Pray, un petit escroc, assiste à l’enterrement d’une ex-maîtresse et accepte d’emmener sa prétendue fille de 9 ans, Addie, chez une tante. Mais l’orpheline à la langue bien pendue est persuadée que Moses, qui lui ressemble beaucoup, est son père. Le trajet va être animé.

2. Un grand scénariste

Ecrit à partir du roman “Addie Pray” par Joe David Brown, le scénario de La Barbe à Papa vaut à Alvin Sargent une première nomination aux Oscars. Il le remportera en 1977 pour Julia, son adaptation de l’autobiographie de Lilian Hellman. Il le remportera à nouveau en 1981 pour son adaptation du roman Des Gens Comme Les Autres réalisé par Robert Redford. Il a également, à 77 ans, signé le scénario de Spider-Man 2 pour Sam Raimi (et co-signé ceux de Spider-Man 3 et The Amazing Spider-Man).

3. Peter Bogdanovich

Ancien critique de cinéma (comme François Truffaut en France), Peter Bogdanovich fait partie de ces jeunes réalisateurs qui vont révolutionner le cinéma américain dans les années 70 avec ce que l’on connaît aujourd’hui sous l’appellation du “Nouvel Hollywood”. Véritable nerd de cinéma, il connaît un énorme succès avec son deuxième film, La Dernière Séance, un chef d’oeuvre intimiste sur la fin du Western et du mythe de l’ouest nommé à huit Oscars en 1971. Dans un genre radicalement différent, il enchaînera avec On s’fait la valise, docteur, un autre classique mais cette fois de la comédie screwball, hommage aux classiques des années 30 comme L’Impossible Monsieur Bébé ou La Dame du Vendredi. La comédie douce-amère La Barbe à Papa marque son troisième grand succès critique et commercial consécutif avant de progressivement se perdre dans des films plus ou moins ratés dans les années 80-90 et 2000.

4. Le who’s who du cinéma des 70′s à la production

La Barbe à Papa est le premier film de la société de production The Directors Company que Francis Ford Coppola (Le Parrain), William Friedkin (French Connection, L’Exorciste) et Peter Bogdanovich créèrent ensemble au début des années 70 en partenariat avec Paramount. Les deux autres films de la société étaient Conversations Secrètes de Coppola (Palme d’or à Cannes) et Daisy Miller de Bogdanovich qui fut un très gros échec critique et commercial et mit fin à la société.

5. La plus grande star masculine des années 70

C’est l’ex-femme de Peter Bogdanovich, la décoratrice Polly Platt, qui suggéra Ryan O’Neal, l'acteur de Love Story ayant justement une fille âgée de 8 ans. “Mais Paramount a dit qu’ils n’utiliseraient Ryan sous aucune circonstance car il avait eu une liaison avec Ali MacGraw sur le tournage de Love Story alors qu’elle était mariée à Bob Evans qui était alors le Président du studio. J’ai dit que je ne ferais le film avec personne d’autre. On s’fait la valise, docteur était encore en salles et marchait très bien alors j’ai forcé Paramount. Ca n’aurait pas été bon pour leurs actionnaires de refuser le film”, racontait Bogdanovich.

6. La révélation Tatum O’Neal

La jeune Tatum O’Neal reste encore à ce jour (2017) la plus jeune personne à avoir gagné un Oscar, toutes catégories confondues. Elle avait 10 ans et 148 jours le jour où elle a reçu l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Et ce ne fut pas facile pour la jeune actrice d’obtenir ce prix, le tournage ayant été chaotique: Peter Bogdanovich a un jour décrit son travail avec Tatum O’Neal comme “la plus misérable expérience de ma vie”. Mais son père, avec qui elle jouait pour la première fois, n’a pas eu une meilleure expérience, la jeune fille pas habituée à ce qu’on lui dise non ou quoi faire, n’apprenant pas ses répliques. “Vous deviez lui faire peur pour qu’elle réussisse à faire ce qu’on lui demandait”, racontait Bogdanovich. La célèbre scène en plan séquence dans la voiture où le père et la fille commencent à s’apprivoiser a ainsi dû nécessiter 41 prises sur deux jours !

7. Un des plus beaux films sur la relation père-fille

Le projet d’adaptation de la pièce “Addie Pray” était d’abord destiné au réalisateur John Huston (La Faucon Maltais, Le Trésor de la Sierra Madre etc.) qui voulait faire tourner Paul Newman et sa fille, Nell Potts. Mais l’acteur renonça quand Huston abandonna le projet pour se consacrer à autre chose.

Mais Ryan O’Neal, tout juste auréolé du succès de Love Story et On s’fait la valise, docteur, n’a pas hésité à tourner avec sa fille Tatum. Il a raconté en 1973 au New York Times : “Je n’aurais pas fait le film sans elle. Le concept faisait tellement sens pour Tatum et moi. Aucun père ne peut se lier avec sa fille autant qu’on peut le faire dans l’intensité d’un film. En un sens, l’histoire est un parallèle de nos vie. On a vécu ensemble pendant un an et demi à ma maison de Malibu à cause d’un désaccord avec sa mère (l’actrice Joanna Moore). Sa mère était très malade et Tatum voulait venir vivre avec moi. Ca a remis mes priorités en ordre, ne me laissant pas de temps pour moi. J’avais besoin de ça.”

8. Un film très amer... rétrospectivement

Quand un spectateur de 1973 regardait Tatum O’Neal, il ne voyait qu’une jeune fille au naturel désarmant et à la langue bien pendue qui s’amuse avec son père. Mais regarder La Barbe à Papa des années plus tard, c’est voir une jeune actrice dont la vie va être plus tard ruinée par une relation catastrophique avec son père. Sauvée à 8 ans par son père d’une mère alcoolique (voir point précédent), Tatum O’Neal est, à 15 ans, abandonnée par son père qui la laisse seule chez lui pendant qu’il batifole avec l’actrice Farrah Fawcett. Pendant 20 ans, le père et la fille se parlent à peine et, dans les années 90 et 2000, Tatum O’Neal fait surtout la une des tabloïds pour se frasques et ses addictions multiples.

9. Le noir et blanc

Déclarant “j’ai plus d’affection, plus d’affinité avec le passé”, Peter Bogdanovich a décidé de filmer La Barbe à Papa dans un magnifique noir et blanc comme il l’avait fait pour La Dernière Séance. Eclairé par le hongrois Laszlo Kovacs, un des plus grands chefs opérateur des années 70 (avec son compatriote Vilmos Zsigmond) grâce à des films comme Easy Rider et Cinq Pièces FacilesLa Barbe à Papa est encore considéré comme un des plus beaux noirs et blanc de l’histoire du cinéma.

10. La musique (d’époque)

Composée de standards tous issues de la Grande Dépression, la musique de La Barbe à Papa a été assemblée par Peter Bogdanovich à partir de l’immense collection de disques de Rudy Fehr, le célèbre monteur de Le Crime était presque parfaitKey Largo ou L’Honneur des Prizzi.

11. Un film qui a donné naissance à une série télé

La Barbe à Papa a été un tel succès que l’année suivante la Paramount lance une série adaptée du film. Dans le rôle d’Addie Pray, on retrouvait une toute jeune Jodie Foster alors âgée de 12 ans. La série a été annulée au bout de 13 épisodes.

12. Les critiques (reprise)

“La beauté des plans, l'ampleur du tempo autorisent la rêverie, l'admiration et – pour ceux et celles qui ont connu ce moment de liberté du cinéma – la nostalgie.” - Le Monde

“Bogdanovich (...) réussit des plans-séquences magnifiques qui ont l'élégance d'être invisibles. Les paysages arides du Kansas (...) contribuent à la secrète mélancolie de ce film par ailleurs très drôle, où Ryan O'Neal et sa fille Tatum s'affrontent comme Cary Grant et Katharine Hepburn dans une comédie de Howard Hawks.” - Télérama

Sources Images : tumblrtumblrtumblrtumblrtumblr,

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