9 raisons de regarder ASCENSEUR POUR L’ECHAFAUD

Posté par michael le mardi 1 août 2017 il y a 1 semaine

1. L’histoire

Après avoir assassiné le mari de sa maîtresse, un homme, ancien de la Guerre d’Indochine, se retrouve bloqué dans l’ascenseur de l’immeuble où il a commis le crime. Pendant ce temps là, sa maitresse parcourt Paris à sa recherche et un couple de jeunes délinquants lui vole sa voiture.

2. Louis Malle

Ascenseur pour l’échafaud est le tout premier film de de Louis Malle en solo après avoir réalisé Le Monde du Silence avec Jacques Cousteau un an auparavant. Il n’a alors de 25 ans. Un des réalisateurs les plus célèbres dans le monde (il s’est exilé à Hollywood dans les années 70), son éclectisme lui a permis de traiter tous les sujets dans tous les genres, de la comédie burlesque (Zazie dans le métro) au drame, souvent sur des sujets tabous ou polémiques comme l’inceste (Le Souffle au coeur), la collaboration (Lacombe Lucien), la déportation des enfants (Au Revoir les enfants), la prostitution enfantine (La Petite) ou l’adultère (Fatale).

3. Un film de genre

Adapté d’un roman de gare, Ascenseur pour l’échafaud est le seul vrai film de genre de Louis Malle, un grand film noir à la fois dans les traditions hollywoodiennes et françaises. On y retrouve ainsi toutes ces figures du cinéma des années 40, ces gueules cassées en imperméables beiges (dont un Lino Ventura pas encore la star des comédies de Michel Audiard) mais aussi cette influence évidente de Alfred Hitchcock (en particulier La Corde).

4. Un monument de la Nouvelle Vague

Ascenseur pour l’échafaud précède d’un an les sorties des 400 Coups de François Truffaut et A Bout de Souffle de Jean-Luc Godard qui marqueront, dans l’inconscient collectif, la naissance de la nouvelle vague. Si Louis Malle a toujours été considéré à la marge du mouvement pour un plus grand formalisme que ses contemporains, Ascenseur pour l’échafaud n’en demeure pas moins une pierre angulaire du mouvement pour sa jeunesse, sa fougue et son incroyable modernité qui tranche avec l’extrême classicisme du cinéma français qui le précède.

5. L’insolente modernité

Ne se contentant pas de filmer les errements vains du couple meurtrier, Louis Malle saisit le double point de vue du jeune couples de délinquants (préfigurant celui de A Bout de Souffle) qui agissent ici comme une sorte de double du jeune réalisateur. Avec ce couple, bourré d’inspirations américaines qui fuit sur les routes, comme avant eux les poètes de la Beat Generation, à bord d’une voiture volée (la mythique Mercedes-Benz 300 SL gullwing et ses portes “papillon”) et condamne, par la même occasion le vieux couple mortifère, c’est le jeune metteur en scène qui condamne la vieille garde du cinéma français.

6. La révélation de Jeanne Moreau

Si elle a déjà tournée avec Gabin ou Fernandel, c’est Ascenseur pour l’échafaud qui révèle réellement Jeanne Moreau au cinéma et l’impose comme une actrice phare de la Nouvelle Vague, pleine de vigueur et de modernité. Elle tourne d’ailleurs la même année Les Amants avec Louis Malle avant de devenir, dans les années 60, une icône mondiale sous la direction de François Truffaut (Jules et Jim, La Mariée était en noire), Luis Bunuel (Le Journal d’une femme de chambre), Joseph Losey (Eva, Monsieur Klein) ou Michelangelo Antonioni (La Notte).

7. Maurine Ronet

Ascenseur pour l’échafaud révèle également Maurice Ronet qui s’imposera en grande figure inquiète et pleine de mal de vivre du cinéma français avec des films comme Plein SoleilLe Feu Follet (également de Louis Malle) ou La Piscine.

8. La musique de Miles Davis

Si Ascenseur pour l’échafaud est aussi rentré dans la postérité du cinéma, c’est aussi pour sa mythique bande originale, composée en une seule nuit, dans la fièvre de l’improvisation, par Miles Davis. Cette trompette lancinante qui illustre les déambulations de Jeanne Moreau dans la nuit parisienne est à jamais gravé dans toutes les mémoires cinéphiles.

9. Les lumières de Paris la nuit

Eclairé par Henri Decaë, qui deviendra le chef opérateur culte de la Nouvelle Vague avec des films comme Les 400 Coups, Le Beau Serge, Le Samouraï avec son goût pour la lumière naturelle, Ascenseur pour l’échafaud montre un Paris décrit par Louis Malle comme “un Paris qui n’est pas du futur mais au moins une ville moderne, déjà déshumanisée”. 

Louis Malle dira plus tard : “Jeanne était éclairée seulement par les vitrines des Champs-Elysées, ce qui n’avait jamais été fait. La première semaine, il y a une rébellion des techniciens au labo après qu’ils ont vu les rushes. Ils ont été voir le producteur et lui ont dit qu’il ne pouvait par laisser Malle détruire Jeanne Moreau. Ils étaient horrifiés.”

Sources Images : tumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblr,

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