11 raisons de regarder HER avec Joaquin Phoenix et Scarlett Johansson

Posté par michael le mercredi 8 novembre 2017 il y a 1 semaine

1. L’histoire

A Los Angeles, dans un futur proche, Theodore Twombly est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de converser avec son utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de 'Samantha', une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle. Les besoins et les désirs de Samantha grandissent et évoluent, tout comme ceux de Theodore, et peu à peu, ils tombent amoureux…

2. Un vieux mythe

Sans y faire explicitement référence, l’histoire de HER repose sur un mythe aussi vieux que le monde lui-même. Le poète latin Ovide raconte ainsi dans ses métamorphoses le mythe grecque du sculpteur Pygmalion tombant amoureux de sa création, Galatée, une statue rendue vivante grâce à Aphrodite, la déesse de l’amour qui comprend le voeu de Pygmalion. Depuis, ce mythe a essaimé tous les arts, de la littérature (La Venus d’Ille de Prosper Mérimée...), le théâtre (My Fair Lady...) et le cinéma (Elle s’appelle Ruby, HER...)

3. Spike Jonze

Après Dans la peau de John Malkovich, Adaptation et Max et les maximonstres, HER est le quatrième film de Spike Jonze, un des plus acclamés réalisateurs de clips des années 90 et 2000. Ses plus célèbres : Sabotage des Beastie Boys, Da Funk de Daft Punk, Drop de The Pharcyde, Weapon of Choice de Fatboy Slim, It’s Oh So Quiet de Björk, The Suburbs de Arcade Fire. Il est également le co-créateur et producteur de la série Jackass qui a fait les beaux jours de MTV dans les années 2000.

4. Une inspiration bien réelle

Spike Jonze a raconté au Guardian : “l’idée de HER m’est venu il y a presque dix ans quand j’ai vu un article avec un lien sur un site où vous pouviez discuter par messagerie instantanée avec une intelligence artificielle. Pendant les premières 20 secondes, c’était très excitant: je disais ‘Hé, Hello’ et ça me répondait ‘Hé, comment vas-tu?’. C’était assez hallucinant. Après 20 secondes, ça a rapidement montré ses limites. Tu réalises comment ça marche et ce n’était plus si impressionnant. Mais pendant 20 secondes, c’était vraiment excitant. Plus ça parlait à de gens, plus c’était intelligent.”

C’est ensuite son sublime court-métrage I’m here sur l’histoire d’amour entre deux robots à Los Angeles (métaphore des relations amoureuses à 20 ans dans une métropole) qui lui donne envie de poursuivre l’idée de de tourner HER.

5. Joaquin Phoenix

Après avoir été nommé aux Oscars pour Walk The Line, Joaquin Phoenix s’est réellement réinventé en pur acteur de composition pour la crème du cinéma américain, capable de tout jouer, en particulier des rôles qui semblent si éloignés de lui (The Immigrant de James Gray, The Master et Inherent Vice de Paul Thomas Anderson, L’Homme Irrationnel de Woody Allen...). Il racontait ainsi au Guardian : “Je n’ai jamais eu ce genre de relations amoureuses. Je n’en ai jamais eu dans lesquelles j’ai eu le coeur brisé. Le plus proche que j’ai eu, c’est un ego un peu chatouillé. Je n’ai jamais fait l’expérience du deuil impossible de quelqu’un que j’ai vraiment aimé. J’ai bien eu un amour non réciproque. Mais je n’ai jamais eu le coeur brisé.”

6. Scarlett Johansson

C’est l’actrice Samantha Morton (In America, Minority Report...) qui devait incarner la voix de Samantha, l’intelligence artificielle. Mais après avoir enregistré ses répliques et les avoir inclut dans le film, Spike Jonze nota qu’il y avait un problème de ton. Il la remplaça donc par Scarlett Johansson. Le réalisateur a raconté à Indiewire : “Evidemment, je l’ai choisie parce que le timbre de sa voix est magnifique. Mais aussi pour la personne à l’intérieur de la voix, pour son intelligence et son esprit. C’est le genre de personne qui peut te taquiner et aller droit au coeur tout en étant affectueuse. Vous voulez être taquiné par elle."

7. Le futur par petites touches

Pour donner l’impression du futur sans pour autant le rendre cliché, Spike Jonze et son décorateur ont fait le choix, par exemple, de ne jamais montrer de voiture. C’est pourquoi ils ont décidé de filmer à la fois à Los Angeles et à Shanghaï, donnant à leur Los Angeles futuriste un style très particulier, entre vintage et anticipation. Jonze raconte : “A Pudong, le quartier des affaires de Shanghaï, on trouve des gratte-ciels, les rues sont droites et larges, les bâtiments sont élégants et tout est flambant neuf. Il y avait donc là un mélange harmonieux, dont plusieurs éléments étaient récents. Et Los Angeles aime l'avant-garde. J'avais le sentiment que si la ville se développait dans cette direction esthétique, elle ressemblerait à ça"

Même dans les costumes, on retrouve ce paradoxe entre passé et futur. Malgré des activités extrêmement modernes, les personnages ne portent aucun jean, casquettes, ceintures ou cravates.

8. Une musique

Spike Jonze a raconté à Indiewire : “Quand je ne savais pas ce que j’allais faire pour la musique, j’en parlais aux membres de Arcade Fire. J’avais quelques idées et j’étais amis avec le groupe depuis longtemps. On a fait beaucoup de choses ensemble. Ils passaient beaucoup de temps avec moi cette année là, quand je travaillais sur le scénario, alors je leur en parlais. J’en ai notamment beaucoup parlé avec Win Butler qui adore le cinéma, la science-fiction et les musique de films. Il s’y connaît beaucoup, dans tous ces domaines. Je lui en ai parlé comme à un ami. J’ai soulevé des idées et on a parlé du script. (...) Une de mes idées était que la musique ne devait pas être électronique mais plutôt électrique. Je ne voulais pas qu’elle représente la technologie mais plutôt la vitesse de nos vies.”

“Du coup, Arcade Fire a commencé à écrire la partition pendant le tournage, si bien que je m'en servais parfois sur le plateau (…) J'envoyais aux musiciens des photos et des rushes, et ils me renvoyaient jusqu'à 50 morceaux à la fois, qu'on retravaillait ensemble. La composition de la musique et le tournage du film se sont nourris mutuellement”, a rajouté le réalisateur.

9. Les notes de Steven Soderbergh

Avant son final cut, Spike Jonze a demandé leur avis à ses amis réalisateurs, Steven Soderbergh et David O. Russell. Dès le lendemain, le premier envoyait ses notes, comme le raconte Spike Jonze : "Il a eu le film un jeudi, et en 24 heures il a raccourci la durée de 2h30 à 90 minutes. (...) C'était incroyablement généreux de sa part, et il nous a donné la confiance de faire l'impasse sur quelques scènes que je n'étais pas prêt à abandonner auparavant. Bien que nous n'ayons pas utilisé l'intégralité de sa coupe, nous avons pu faire des connexions entre des scènes."

10. L’air du temps

Vous ne parlez peut-être pas encore tout à fait à une intelligence artificielle. Mais il est probable que vous parliez à des inconnus sur Twitter, sur Instagram, sur un blog ou sur une application de rencontres. Et il est probable que des sentiments naissent, même si vous savez que vous ne rencontrerez jamais de votre vie ces personnes. HER parle de ça, de ces sentiments, à la fois vieux comme le monde (voir le point n°2) et totalement dans l’air de notre temps hyper connecté.

11. Les critiques

“Un chef-d'oeuvre d'intelligence, de sensibilité, de grâce, d'humour et de poésie.” - L’Ecran Fantastique

“Spike Jonze a inventé un monde dont il est impossible de dire s'il est une utopie ou une dystopie (...). Les souffrances du (plus si) jeune Theodore font la vraie substance de Her.” - Le Monde

“Cette union atypique, Spike Jonze la dépeint avec style mais sans esbroufe, au détour d'une pléthore de situations cocasses, de conversations philosophiques et d'authentiques moments de malaise au sein desquels chaque comédien trouve une occasion de briller.” - Mad Movies

“Pourquoi aime-t-on instantanément ce héros et donc ce film ? Peut-être parce que personne ne joue mieux la cristallisation amoureuse que Joaquin Phoenix.” - Première

Sources Images : tumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblrtumblr,

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