10 raisons de regarder la comédie MAESTRO

Posté par michael le mercredi 12 juillet 2017 il y a 4 mois

1. L’histoire

Henri, un jeune acteur qui rêve de jouer dans Fast & Furious, est engagé dans le dernier film de Cédric Rovère, un monstre sacré du cinéma d’auteur. Les conditions du tournage sont précaires mais le charme de sa partenaire et la bienveillance du maître vont faire naître en lui des sentiments jusqu’alors inconnus.

2. Léa Fazer

Suisse d’origine et issue du théâtre, Léa Fazer réalise son premier film, Bienvenue en Suisse, sélectionné à Cannes en 2004. Suivront d’autres comédies douces-amères comme Notre Univers Impitoyable en 2007 sur lequel elle travaille pour la première fois avec ses deux acteurs fétiches Jocelyn Quivrin et Alice Taglioni, Ensemble c’est trop en 2009 et Cookie en 2011. Maestro est son cinquième film.

3. Une histoire presque vraie

Léa Fazer raconte : “Après Notre Univers Impitoyable, Jocelyn Quivrin m’avait appelée pour me demander si je ne voulais pas l’aider à écrire son film. J’avais décliné avec un : ‘J’ai beaucoup de travail...’ mais lui avais demandé son sujet par curiosité. Il m’a dit que c’était ce qu’il avait vécu avec Eric Rohmer sur le tournage des Amours d’Astrée et Céladon.”

4. Un film hommage et crève-coeur

Léa Fazer poursuit :  “On a écrit un synopsis, on l’a fait lire à l’équipe de Mandarin. Isabelle Grellat, qui travaille avec les frères Altmayer, avait produit le court réalisé par Jocelyn, Acteur : un film satirique qui montrait comme un jeune comédien pouvait se sentir exclu d’un certain cinéma d’auteur, d’un certain monde. Un soir, je l’appelle, je tombe sur sa messagerie, je lui dis : “Tu vas recevoir la première version dialoguée, dis-moi ce que tu en penses.” Il n’a jamais écouté ce message. Ce soir là, Quivrin décède en effet dans un accident de la route sur l'A13, sous le tunnel de Saint-Cloud.

“Le projet ne semblait pas avoir de sens sans Jocelyn. C’est lui qui voulait le réaliser et en être l’interprète principal. Il était juste question que je joue dedans, ce qui m’aurait amusée. Très affectée, je m’acharne tout de même à finaliser la première version, l’arranger un peu. Je suis la marraine de Charlie, le fils qu’il a eu avec Alice Taglioni : quand Charlie saura lire, il découvrira que son père était en train d’écrire un scénario quand il est mort. Je le donne à Alice. Quelques mois plus tard, coup de fil d’Eric et Nicolas Altmayer : ils ont lu le script et pensent qu’au-delà de l’affect il y a un film à faire…”

5. Un hommage au cinéma d’auteur

Léa Fazer raconte : “Quand il rencontre Rohmer, Jocelyn est déjà un acteur avec une carrière. Je ne sais pas pourquoi il rêve de tourner avec Rohmer. Mais c’est lui qui appelle Françoise Etchegaray, en disant qu’il veut absolument le rencontrer. Il passe le tournage à ricaner, à se demander où il est. Et puis il voit le film au Festival de Venise, et c’est un choc. C’est là où cela rejoint ma propre biographie. J’ai treize ou quatorze ans, au collège le prof de français nous dit : ‘On va voir un film’. Côté cinéma, jusque-là, je connais la comédie italienne, à cause des mes origines, et De Funès. Point. Et je tombe sur Perceval Le Gallois. Choc culturel énorme : à partir de là, je suis fidèlement la carrière de Rohmer, et ses films me transmettent quelque chose. Comme Les Amours d’Astrée et de Celadon a changé Jocelyn…”

6. Et un hommage particulier à Eric Rohmer

Premier de la bande des cahiers du cinéma (avec Truffaut, Godard, Rivette et Chabrol qui formeront La Nouvelle Vague) à passer à la réalisation, Eric Rohmer aime filmer la jeunesse et des jeunes acteurs inconnus (comme Arielle Dombasle, Pascal Gregory et Fabrice Luchini qu’il révèle) dans des intrigues très sentimentales, des dialogues littéraires et un style épuré. Les Amours d’Astrée et de Céladon, réalisé à 86 ans, est son dernier film.

Léa Fazer raconte : “Quand j’avais vu Les Amours d’Astrée et de Celadon, j’ai été très touchée d’imaginer Rohmer entouré de tous ces jeunes gens, dans ce bain de poésie, de fantaisie et d’humour à fleur de peau. C’est si rare, un homme de cet âge ayant la passion de la jeunesse, et la passion de l’entourer de poésie.”

7. Michael Lonsdale

Léa Fazer raconte pourquoi elle a fait le choix singulier de tourner avec l’acteur franco-anglais, connu du grand public pour ses rôles dans des superproductions comme MoonrakerLes Chariots de feu ou Le Nom de la Rose :  “Au moment d’incarner Cédric Rovère surgit une question : est-ce qu’on prend quelqu’un de rohmérien ? Je défends assez vivement l’idée contraire. Surtout ne pas demander une imitation à un comédien grimé… Michael Lonsdale est aux antipodes d’Eric Rohmer, ils n’ont jamais travaillé ensemble, je ne sais même pas s’ils se sont appréciés. (...) Je dois dire que je comptais sur l’extrême singularité de Michael Lonsdale, son phrasé si particulier. Mais quand j’ai vu les rushes, j’ai été bouleversée.”

8. Pio Marmai

Léa Fazer raconte son choix de l’acteur du Premier Jour du reste de ta vie : “Dès qu’il décide de baptiser le personnage principal ‘Henri’ ce n’est plus Jocelyn. D’ailleurs quand je rencontre Pio qui a lu le scénario, il me dit : ‘Henri, c’est moi. C’est vraiment moi, tu ne peux pas savoir : j’ai joué des textes littéraires, alors que je suis un simple d’esprit.’ Évidemment, le fait qu’il le dise prouve le contraire. Pio possède un atout capital pour le rôle : c’est un acteur de l’instant. Au cœur d’un film où l’on répète qu’il faut vivre les choses, les ressentir profondément, sa capacité à investir le moment, à être entièrement là, ici et maintenant, a servi le personnage.”

9. Une vraie bonne comédie populaire française

On se plaint souvent de ces comédies françaises sans inspiration, sans charme ni discours, ni originalité, ni point de vue. Il ne faut donc pas bouder son plaisir devant Maestro qui est tout l’inverse. Le film de Léa Fazer est plein de tendresse et de charme et surtout complètement hilarant !

10. Les critiques

“C'est un drôle de film, très charmant, qui parle d'un cinéaste et d'un cinéma singuliers“ - Le Monde

“Plus il avance, plus ce "petit" film révèle l'air de rien sa nature, profonde et résolument positive.” - Première

“C'est un épatant récit d'apprentissage. La réalisatrice franco-suisse y croque avec brio un certain milieu ciné­matographique cloisonné” - Télérama

“Un superbe hommage, d’une ironie tendre, à Eric Rohmer et Jocelyn Quivrin, dans un film tout de drôlerie légère et de subtilité.” - Le Dauphiné Libéré

“Cette impeccable comédie sur la transmission et la culture séduit d'emblée grâce à des dialogues et à des situations enlevées et pleines d'humour. "Maestro", quel régal !” - Le Journal du Dimanche

Sources Images : AlloCiné © MANDARIN CINEMA – REZO FILMS NICOLAS SCHUL

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