10 raisons de regarder BANDE DE FILLES

Posté par michael le mercredi 10 mai 2017 il y a 6 mois

1. L’histoire

Marieme, 16 ans, est interdit de tout par la censure du quartier, la loi des garçons, l’impasse de l’école. Tout va changer avec sa rencontre avec trois filles qui ont décidé de tout envoyer promener: elles dansent, elles se battent, elles parlent fort, elles rient de tout. En les rejoignant, Marieme devient Vic et entre dans cette bande de filles.

2. Céline Sciamma

Avec trois films sur l’adolescence et la pré-adolescence des filles, Céline Sciamma s’est imposée comme une des réalisatrices et scénaristes la plus douée de sa jeune génération. Avec La Naissance des Pieuvres, elle révélait ainsi Adèle Haenel dans le rôle d’une adolescence, objet des désirs d’une camarade de classe. Dans Tomboy, elle racontait également avec pudeur l’histoire d’une petite fille, au bord de l’adolescence, décidant de se faire passer pour un garçon. Elle est également la scénariste de Ma Vie de Courgette, César du meilleur film d’animation et du meilleur scénario adapté.

3. Un casting de débutantes

Céline Sciamma a raconté au Figaro : “On a vu beaucoup de visages, à chaque fois je rencontrais vraiment les filles. C'était un processus long mais c'est l'un des castings les plus réjouissants que j'ai pu faire. Les filles qu'on rencontrait avaient toutes un niveau d'engagement et d'intelligence époustouflant. J'aime beaucoup découvrir des comédiennes.”

4. La révélation Karidja Touré

La jeune actrice, alors âgée de 20 ans, qui a grandi dans le 15e arrondissement a été repéré par la directrice de casting de Bande de Filles alors qu’elle était à la Foire du Trône avec des copines pour fêter la fin de son stage BAFA. Irradiante et lumineuse dans Bande de Filles, elle a été nommée au César du meilleur espoir féminin pour ce premier essai.

5. Un film radical avec un casting exclusivement noir

Céline Sciamma a raconté à Libération : "Je crois à l’intersectionnalité des luttes, je crois qu’elles ne sont pas indépendantes les unes des autres. Si j’avais eu peur de ce genre de remarques, je me les serais évitées très simplement, il suffisait de panacher, de faire le film de la diversité qui arrange tout le monde. Or il me semble que ces films de la diversité, ils ne créent pas de mouvement, c’est une manière pour chacun de camper sur ses positions. Là, il y avait l’idée d’être radical, exclusif. Un film ne peut pas venir combler un manque de représentation à lui tout seul, donc il en a beaucoup sur le dos, mais à un moment donné, il faut se lancer.” Je ne travaille pas pour le 22 octobre mais pour le temps.”

6. Un film sur la banlieue comme un miroir du monde

Céline Sciamma a raconté aux Inrocks : “Les liens de domination qui régissent ces quartiers sont les mêmes que partout ailleurs. Sauf qu’ils sont davantage à découvert. Pour la domination masculine, par exemple, il y a quasiment une charte. C’est ce qui en fait un lieu de fiction très palpitant. On y trouve les mêmes enjeux que partout, sauf qu’ils y battent plus fort. Il y a un autre point sur lequel je me suis documentée, c’est celui de la violence féminine. J’ai lu certains ouvrages historiques. J’ai pu vérifier qu’il n’y a pas plus de délinquance féminine aujourd’hui qu’auparavant. C’est un fantasme. En revanche, on coupe les femmes de l’histoire de leur propre violence, on nie qu’elle existe depuis toujours et on ramène à la dimension de bagarre ce qui est de l’ordre de la lutte.”

7. Un film sur l’adolescence

Céline Sciamma a raconté aux Inrocks : “Ces personnages, qui sont un précipité de présent et avec lesquels il y a un fossé générationnel, j’ai voulu les intégrer à une forme classique, celle du roman d’apprentissage de jeune fille, avec ses règles et sa logique propre. J’ai pensé à Jane Austen, à Jane Campion, à de nombreux récits où une jeune fille veut vivre ses désirs, cherche à s’émanciper et se confronte à son époque, son milieu social et sa famille. Je n’ai donc pas commencé par me documenter sur la vie en cité comme si c’était un monde à conquérir, un univers étranger à comprendre. La documentation, elle vient dans un second temps, celui du casting.”

8. Une scène culte

Céline Sciamma a raconté à Jezebel : “La scène était dans la première version du scénario. (...) Cette scène est vraiment très importante pour moi car c’est un tournant dans le film et pour les spectateurs. Après cette scène, ils aiment le personnage et deviennent une part de la bande. Elle parle, à travers la danse, de la façon dont naît l’amitié. Elle parle de Marieme regardant les autres être ensemble avec cette belle énergie, d’être en osmose, de passer de spectateur à partenaire, d’être au centre du groupe et soudainement avoir une voix parce qu’elles sont ensemble. C’est un moment narratif fort.”

9. L’accord de Rihanna

Céline Sciamma a raconté à Libération comment elle a pu obtenir les droits de la chanson Diamonds de Rihanna  qui illustre cette scène culte : “Il y a des rumeurs contradictoires qui circulent à ce propos, j’ai entendu dire qu’on avait cramé 30% du budget global du film, des trucs de malades, et d’autres disent que c’était gratuit, ce qui est absolument faux aussi. J’ai écrit la scène pour cette chanson tout en étant sûre qu’on ne l’aurait pas. La production a fait faire une estimation à la maison de disques qui était totalement dans nos moyens. On a donc tourné la séquence, et il n’était donc plus possible de la changer ensuite. Sauf qu’on a appris au montage qu’en réalité on n’avait pas les droits, parce qu’il fallait l’accord de l’artiste. On a envoyé la séquence au manager de Rihanna, qui m’a appelée, qui avait vu la séquence, qui la trouvait belle. Il s’était renseigné sur ce que je faisais, et ils ont fait une exception pour nous en la laissant à un prix qui était complètement dans nos moyens. C’était certainement le coup de fil le plus terrifiant de toute ma carrière !”

10. Les critiques

“Constamment juste et portée par de jeunes comédiennes débutantes sidérantes, cette oeuvre joyeuse et douloureuse, violente et douce, est une pure merveille.” - Première

“De la famille à la bande, de l’école à la rue, une jeune fille en quête d’émancipation dans un récit d’apprentissage fulgurant.” - Les Inrocks

“Le cinéma de Céline Sciamma est sans cesse dans le mouvement. Avec sa mise en scène organique, au plus près des corps, la cinéaste travaille l'adolescence comme peu de ses contemporains.” - Positif

“Ce film trépidant d’énergie et trépignant de rage parfois se repose, reprend son souffle, fait le noir à l’écran. (...) Trop le bonheur.” - Libération

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