14 citations indispensables de James Baldwin avant JE NE SUIS PAS VOTRE NEGRE

Posté par michael le mardi 25 avril 2017 il y a 5 mois

Dans le documentaire Je ne suis pas votre nègre, le réalisateur Raoul Peck, via la voix de Samuel L. Jackson (ou Joey Starr en VF), revient sur les écrits et les enregistrement télé ou radio de l’écrivain James Baldwin, figure emblématique du combat pour les droits civiques qui a parfaitement illustré ce que c’était d’être noir en Amérique. Voici 14 citations plus d’actualité que jamais sur la condition de l’homme noir en Amérique par l’écrivain qui avait fait de la France sa deuxième maison.

1. Sur la condition noire

“Etre un noir dans ce pays et être relativement conscient, c’est être enragé presque tout le temps”

2. Sur la source du racisme

“Etre noir dans ce pays est vraiment quelque chose qu’ont ne doit pas voir. Ce que les blancs voient quand ils vous regardent n’est pas visible. Ce qu’ils voient vraiment quand ils vous regardent est ce qu’ils ont investi en vous. Ce qu’ils ont investi en vous est tout le supplice, la douleur, le danger, la passion et le tourment - vous savez, le pêché, la mort et l’enfer - qui terrifie tout le monde dans ce pays.”

3. Sur le mot "nègre"

“Je sais une chose. Tous ceux qui ont essayé de vivre savent ça: ce que vous dites sur les autres dit ce que vous êtes. Ce que je sais de vous est dicté par mes propres besoins, ma propre psychologie, mes propres peurs et désirs. Je ne vous décris pas quand je parle de vous, je me décris moi. Aujourd’hui, dans ce pays, nous avons quelque chose appelé le nègre. Nous avons inventé le nègre. Je ne l’ai pas inventé. Les blancs l’ont inventé. J’ai toujours su, je devais savoir depuis mes 17 ans, que ce que vous décriviez n’était pas moi, ce dont vous aviez peur n’était pas moi, c’était autre chose, quelque chose dont VOUS aviez peur, que vous m’avez accolé. Peu importe ce que vous m’avez fait, je peux vous dire ceci. Et je sais, j’ai toujours su, toujours - c’est une partie du supplice - j’ai toujours su que je ne suis pas un nègre. Mais si je ne suis pas un nègre et si c’est vrai que votre invention vous révèle, alors qui est le nègre? Je ne suis pas la victime ici. Je sais une chose d’une autre... Je sais que je suis né, que je vais souffrir et et que je vais mourir. La seule façon de traverser la vie est de savoir la pire chose qui la compose. J’ai appris ceci parce que j’ai dû l’apprendre. Mais vous pensez toujours que le nègre est nécessaire. Et bien, il ne m’est pas nécessaire. Il doit donc vous être nécessaire. Alors je vous offre le problème à l’envers: vous êtes le nègre, pas moi.”

4. Sur le racisme en tant que système

“Je ne sais pas ce que ressentent la plupart des blancs de ce pays mais je ne peux comprendre ce qu’ils ressentent qu’à partir de l’état de leur institutions. Je ne sais pas les Chrétiens blancs haïssent les noirs ou pas mais je sais que nous avons une église chrétienne qui est blanche et une église chrétienne qui est noire. Je sais, comme Malcolm X le disait, que l’heure la plus ségréguée de la vie américaine est le midi le dimanche. Ca dit, pour moi, beaucoup de chose sur une nation chrétienne. Ca veut dire que je ne peux pas me permettre de croire la plupart des Chrétiens blancs et que je ne peux certainement pas croire l’église chrétienne. Je ne sais pas si les syndicats et leurs patrons me détestent - ce n’est pas important - mais je sais que je ne suis pas dans leur syndicat. Je ne sais pas si le lobby immobilier a quelque chose contre les noirs mais je sais le lobby immobilier me laisse dans le ghetto. Je ne sais pas si le ministère de l’éducation hait les noirs mais je connais les livres qu’ils donnent à mes enfants et les écoles où nous devons aller. C’est la preuve. Vous voulez que je fasse confiance, que je risque ma vie, celle de ma femme, de ma soeur, de mes enfants sur un idéalisme dont vous m’assurez qu’il existe en Amérique mais que je n’ai jamais vu.”

5.  Sur la source de la haine

“J’imagine qu’une des raisons pour lesquelles les gens s’accrochent à leurs haines avec tellement d’obstination est qu’ils sentent qu’une fois la haine partie, ils devront affronter leurs souffrances.”

6. Sur un Président noir

“Je me rappelle quand l’ancien procureur général, Mr Robert Kennedy, a dit qu’il était concevable que, dans 40 ans, en Amérique, nous pourrions avoir un Président noir. Ca ressemblait à une déclaration très émancipatrice pour les blancs. Mais ils n’étaient pas à Harlem quand ils ont entendu cette déclaration. Ils n’ont pas entendu les rires et l’amertume et le mépris avec laquelle cette déclaration a été accueillie. Du point de vue de l’homme d’Harlem chez son barbier, Bobby Kennedy vient d’apparaître hier et il est déjà sur le point d’être Président. Nous étions là depuis 400 ans et il nous dit que, peut-être dans 40 ans, si vous êtes bon, nous vous laisseront peut-être devenir Président.”

7. Sur le "problème" noir

“Un garçon de 16 ans, la semaine dernière, à San Francisco, m’a dit ‘Je n’ai pas de pays, je n’ai pas de drapeau.’ Et je n’ai pas pu lui dire qu’il avait tort. Je n’ai pas la preuve qu’il a tort. Ils détruisaient sa maison parce que San Francisco - comme beaucoup de villes du nord - est engagé dans ce qu’ils appellent ‘un renouveau urbain’ ce veut dire mettre les noirs à la rue. Ca veut dire la suppression des noirs. Et le gouvernement fédéral en est le complice.”

8. Sur le soi-disant "progrès"

“Avec quoi voulez-vous me réconcilier? Je suis né ici, il y a presque 60 ans. Je ne vais pas vivre encore 60 ans. Vous dites toujours que ça prend du temps. Ca a pris le temps de mon père, celui de ma mère, celui de oncle, celui de mes frères et de mes soeurs. Combien de temps vous faut-il pour votre progrès?”

9. Sur le futur

“Je ne peux pas être pessimiste parce que je suis en vie. Je suis forcé à croire que nous pouvons survivre à tout ce dont nous pouvons survivre. Le futur des noirs dans ce pays est précisément aussi lumineux ou sombre que le futur de ce pays.”

10. Sur l'oppression sournoise

“Quand on naît dans un pays blanc, quand vous ouvrez vos yeux sur le monde, tout ce que vous voyez ne s’applique pas à vous. Vous allez voir des films blancs et, comme tout le monde, vous tombez amoureux de Joan Crawford et vous soutenez les gentils qui tuent les Indiens. C’est une immense collision psychologique quand vous réalisez que toutes ces choses sont des métaphores de votre oppression et vous mèneront à ce genre de conflit psychologique qui pourrait vous tuer.”

11. Sur ce qui est vraiment important

“De mon point de vue, aucune étiquette, aucun slogan, aucun parti, aucune couleur de peau et aucune religion n’est plus importante que l’être humain.”

12. Sur l'éducation

“Quand j’étais enfant, on m’a appris dans les livres d’histoire américaine que l’Afrique n’avait pas d’histoire et que moi non plus. On m’a appris que j’étais un sauvage sauvé par l’Europe et amené en Amérique, sur lequel moins on en disait, mieux c’était. Et bien sûr, je le croyais. Je n’avais pas le choix. C’était le seuls livres qu’il y avait. Tout le monde semblait être d’accord.”

13. Sur la violence

“Il y a beaucoup de gens, beaucoup de noirs, qui ne vont plus à l’église, qui n’écoutent pas Martin Luther King et qui, de toute façon, sont le produit d’une civilisation qui a toujours glorifié la violence - à moins que le noirs ait un révolver. Martin est donc miné par la performance du pays. Le pays est seulement concerné par la non-violence que lorsqu’il semble que JE vais devenir violent. Il ne s’inquiète pas de la non-violence si ça concerne un shérif d’Alabama.”

14. Sur le revers de la médaille

“La haine, qui peut tant détruire, n’a jamais échoué à détruire l’homme qui hait. C’est une loi immuable.”

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