10 raisons de regarder OBSESSION de Brian De Palma

Posté par michael le dimanche 26 mars 2017 il y a 10 mois

1. L’histoire

L’homme d’affaires Michael Courtland est rongé par la culpabilité après avoir vu sa femme assassinée par des kidnappeurs à qui il avait refusé de payer une rançon. Mais 15 ans plus tard, en voyage en Italie, il rencontre une femme qui est son portrait craché. Malgré les avertissements de son entourage, il y voit une seconde chance. Mais on ne déterre pas un passé si douloureux impunément.

2. Un scénario du culte Paul Schrader

Après avoir vendu son scénario de The Yakuza en 1974 à Sidney Pollack pour une somme record de 325.000 dollars, Paul Schrader devient le scénariste le plus en vu du Nouvel Hollywood. Il écrit alors Taxi Driver pour Martin Scorsese, un première version refusée de Rencontres du Troisième Type pour Steven Spielberg et Obsession pour Brian de Palma. Il écrira plus tard les scénarios de Raging Bull, La Dernière Tentation du Christ et A Tombeau Ouvert pour Martin Scorsese ou The Mosquito Coast pour Peter Weir avant de se lancer dans la réalisation avec les cultes American Gigolo avec Richard Gere, La Féline avec Nastassja Kinski, Mishima ou Affliction avec Nick Nolte.

3. Un scénario raccourci pour plus d’efficacité

Réputé pour son intransigeance artistique et ses choix parfois contestables, Paul Schrader a vu son scénario amputé de sa fin par Brian De Palma qui a raconté : “la fin de Paul Schrader continuait avec un autre acte d’obsession. Pour moi, c’était trop compliqué et ça tenait pas. Je l’ai raccourcie.” Schrader lui a raconté que “l’histoire originale en trois partie se terminait avec une section se déroulant dans le futur, en 1985. Mon idée originale pour le scénario était d’écrire un amour obsédant qui transcenderait la structure normale du temps.”

4. Brian De Palma

Réalisateur culte du “Nouvel Hollywood” avec Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Steven Spielberg, Brian De Palma a toujours été un peu à part, notamment parce que, contrairement, à beaucoup de ses collègues, il a débuté dans un cinéma foncièrement indépendant, presque expérimental, dans le New York des années 60. C’est d’ailleurs lui qui, le premier, révèle un tout jeune Robert De Niro dans ses deux premiers films The Wedding Party (son film de fin d’études) et Greetings sorti en 1968.

Il devient, dans les années 70, le maître du thriller psychologique avec des films violents, politiques et érotiques comme Dressed To Kill, Blow Out, Carrie, Phantom Of The Paradise ou Soeurs de Sang qui explorent souvent le thème du voyeurisme. Malgré une sortie bâclée en plein mois d’août après être resté un an sur des étagères, Obsession est son premier gros succès au box-office. Il en aura d’autres dans les années 70 avec Carrie puis dans les années 80 avec Les Incorruptibles et dans les années 90 avec le premier Mission Impossible.

5. L’ombre d’Hitchcock

Comme une grande partie des films de Brian De Palma, Obsession est marqué par l’ombre de Alfred Hitchcock. Le metteur en scène ne cache d’ailleurs pas que le scénario a été écrit comme un hommage à Vertigo/Sueurs Froides, comme plus tard celui de Body Double avec Fenêtre sur cour. Mais il y ajoute son goût du baroque et de la perversité morbide. On peut voir l’influence de Hitchcock sur De Palma dans cette vidéo.

6. Une thématique scandaleuse (Attention SPOILER)

Quand Brian De Palma a terminé le film, il est apparu assez clairement que Obsession traitait d’inceste, ce qui n’a pas vraiment plu au studio Columbia. Le film a donc été remonté pour uniquement le suggérer, comme l’a raconté le monteur Paul Hirsch : “Je pensais que c’était une erreur de mettre l’inceste au centre de ce qui était en fait qu’un thriller romantique. J’ai donc suggéré à Brian de faire comme si ça n’avait pas existé, comme si, au lieu de les marier, Michael rêve seulement de se marier. On a ce plan de Cliff Robertson endormi. On pourrait l’utiliser et ensuite couper sur la séquence du mariage. Et c’est ce que nous avons fait. C’est donc devenu une projection de ses désirs plutôt que des faits.”

7. Genevieve Bujold

Si Brian De Palma a plus tard exprimé des regrets sur le choix de l’acteur Cliff Robertson, oscarisé huit ans plus tôt pour le film Charly, qui, selon lui, n’était pas capable de jouer l’angoisse de son personnage, il n’a toujours eu que des mots doux pour l’actrice Genevieve Bujold, l’actrice québécoise nommée aux Oscars en 1969 pour son portrait d’Anne Boleyn dans Anne des Mille Jours.

8. Le visuel de Vilmos Zsigmond

Obsession est d’une incroyable beauté plastique ressemblant à un vieux mélodrame baroque, à la frontière du kitsch, grâce au travail du chef opérateur Vilmos Zsigmond, un des dix plus grands directeurs photo de l’histoire (Voyage au bout de l’enfer, La Porte du Paradis, Rencontres du Troisième Type, Deliverance...) avec qui De Palma travaillera à nouveau sur Blow Out.

9. La musique de Bernard Hermann

En tant que fanatique de Alfred Hitchcock, Brian de Palma ne pouvait pas rêver plus grand compositeur que Bernard Hermann, l’homme qui composa les musiques cultes de Psychose, La Mort aux Trousses, Vertigo ou L’Homme qui en savait trop. C’est la deuxième fois que les deux hommes collaborent après Soeurs de Sang. Ils devaient remettre ça pour Carrie mais le musicien décéda avant de commencer à travailler.

10. Les critiques

“Obsession de Brian De Palma est un mélodrame surchargé et c’est ce que j’aime à son propos. Je n’aime pas seulement ce genre de films, je les savoure. Parfois, l’excès peut être sa propre récompense. Si Obsession avait été un tout petit peu plus subtil, avait été un peu plus logique, le film ne fonctionnerait pas.” - Chicago Sun Times (Roger Ebert)

“Du divertissement divin. Le film fait de certaines verités humaines très reconnaissables des grands moments de mélodrame : le choc de la perte soudaine, la panique pour tenter de supporter, le deuil et la culpabilité qui aveugle le protagoniste alors qu’il cherche l’expiation et une chance de revivre sa fille. En un sens, le film offre au spectateur l’opportunité de faire la même chose, de revenir à une ère du cinéma plus romantique et au plaisirs simples et touchants que la vague anti-romantique des films actuels refuse aujourd’hui au public.” - Time

Sources Images : Tumblr

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