10 raisons de regarder BLOW OUT de Brian De Palma

Posté par michael le dimanche 19 mars 2017 il y a 2 mois

1. L’histoire

Un soir, Jack Terry, ingénieur du son, enregistre des ambiances pour les besoins d’un film et entend le bruit d’une voiture arrivant à vive allure. Un pneu éclate. Le véhicule chute dans la rivière. Jack plonge et arrache à la mort une jeune femme, Sally. Il se retrouve alors plongé dans une machination qui va le conduire, lui et Sally, au bord du précipice.

2. Brian De Palma

Réalisateur culte du “Nouvel Hollywood” avec Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Steven Spielberg, Brian De Palma a toujours été un peu à part, notamment parce que, contrairement, à beaucoup de ses collègues, il a débuté dans un cinéma foncièrement indépendant, presque expérimental, dans le New York des années 60. C’est d’ailleurs lui qui, le premier, révèle un tout jeune Robert De Niro dans son film Greetings sorti en 1968.

Obsédé par Alfred Hitchcock, il devient, dans les années 70, le maître du thriller psychologique avec des films violents, politiques et érotiques comme Obsession, Dressed To Kill, Carrie, Phantom Of The Paradise ou Soeurs de Sang qui explorent souvent le thème du voyeurisme.

3. Un style visuel inimitable

Un film de De Palma se remarque au premier coup d’oeil. Le maître a un style inimitable dans lequel reviennent les mêmes motifs visuels : le split-screen, l’objectif de dioptrie fendue et le plan-séquence. Ces motifs, on les retrouve tous dans Blow Out sans jamais qu’ils apparaissent comme des gimmicks.

Le film, principalement filmé de nuit, est par ailleurs d’une incroyable beauté plastique grâce au travail du chef opérateur Vilmos Zsigmond, un des dix plus grands directeurs photo de l’histoire (Voyage au bout de l’enfer, La Porte du Paradis, Rencontres du Troisième Type, Deliverance...) avec qui De Palma avait déjà travaillé sur Obsession.

4. Un (presque) remake d’un classique

Brian De Palma, qui a toujours plus ou moins fait des remakes “non officiels” des films de Alfred Hitchcock, s’attaque cette fois à Blow Up de Michelangelo Antonioni. Blow Out est en effet une sorte de remake du chef d’oeuvre de la contre-culture des années 60 où le photographe est remplacé par un ingénieur du son, où l’image est remplacé par le son. D'ailleurs, ce n’est pas la première fois que Blow Up fait l’objet d’un hommage/remake basé sur le son, Conversations Secrètes de Francis Ford Coppola, Palme d’or à Cannes en 1974, étant déjà très influencé par le film de Antonioni.

5. John Travolta

De Palma avait envisagé d’engager Al Pacino ou Richard Dreyfuss (Rencontre du Troisième Type) pour le rôle de Jack Terry mais son choix se porta finalement sur John Travolta qui l’avait contacté, à l’époque de la préparation, pour lui présenter un projet autour du vol de l’avion de Howard Hughes. De Palma refusa pour se consacrer à Blow Out qui suscita alors l’intérêt de la star de La Fièvre du Samedi Soir. Pour Travolta, Blow Out, avec son personnage très posé et analytique, est un changement de registre radical, lui qui avait alors toujours joué des personnages très impulsifs et passionnés.

Pour la petite anecdote, c’est Gérard Depardieu qui double Travolta dans la version française de Blow Out. Quant à Pacino et De Palma, ils tourneront ensemble dans le film suivant du réalisateur, Scarface.

6. Nancy Allen

C’est John Travolta qui a suggéré et a insisté auprès de Brian De Palma pour engager Nancy Allen. Les trois avaient déjà tourné Carrie ensemble. De Palma, qui avait envisagé Julie Christie ou Dyan Cannon pendant l’écriture, était alors hésitant à engager l’actrice qui était, à l’époque, son épouse. Il n’avait pas envie qu’elle soit toujours vue comme “la femme de” et surtout qu’elle ne joue pas que des prostituées, après Dressed To Kill.

7. La musique

Composée par l’italien Pino Donaggio, elle est typique des bandes-son des films des années 70 de Brian de Palma, toujours très mélancolique, à la frontière du surannée. Donaggio avait également composé les musiques cultes de Carrie, Home Movies et Dressed To Kill et remettra ça pour Body Double.

8. Un film devenu culte sur le tard

Malgré de bonnes critiques à l’époque, Blow Out est un de ces films du début des années 80 qui marque la fin du cycle “Nouvel Hollywood” (avec Sorcerer ou La Porte du Paradis). Gros échec commercial, en particulier à cause du mauvais bouche à oreille sur sa très sombre fin, le film va devenir un véritable film culte souvent cité comme le plus grand (et le plus personnel) film de son auteur.

9. Le film préféré de Quentin Tarantino

C’est en partie grâce à Quentin Tarantino que le film sort de l’ombre. Le réalisateur, qui cite souvent Blow Out comme un de ses trois films préférés de tous les temps (avec Rio Bravo et Taxi Driver), a par exemple utilisé le très mélancolique thème musical du film dans son Boulevard de la Mort. C’est aussi via son amour pour Blow Out que Tarantino a sorti John Travolta de sa longue traversée du désert des années 80-90 pour le faire tourner dans son mythique Pulp Fiction.

10. Les critiques

“De Palma s’est élevé au niveau de Robert Altman avec des films comme McCabe et Mrs Miller et Nashville, de Francis Ford Coppola avec les deux Parrain, c’est-à-dire à un niveau où le genre est transcendé et où l’on est bouleversé par la vision d’un artiste. C’est un grand film. Travolta et Nancy Allen son des acteurs radieux.” - The New Yorker (Pauline Kael)

Blow Out est habité par une réelle intelligence cinématographique. Il n’est pas condescendant avec le public. Nous partageons l’excitation d’imaginer comment les choses vont évoluer quand tant de films n’ont juste besoin de nous qu’en tant que témoins passifs.” - Chicago Sun-Times (Roger Ebert)

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