10 raisons de regarder NO COUNTRY FOR OLD MEN des frères Coen

Posté par michael le dimanche 12 mars 2017 il y a 1 semaine

1. L’histoire

A la frontière entre le Texas et le Mexique, Llewelyn Moss découvre deux millions de dollars à l’intérieur d’une camionnette abandonnée au milieu de cadavres. Il déclenche alors une réaction en chaîne d’une violence extrême en se retrouvant pourchassé par un tueur au service des cartels de la drogue. Et les efforts d'un vieux shérif pour faire cesser le bain de sang n'y feront rien...

2. D’après un roman de Cormac McCarthy

Après All The Pretty Horses, un film massacré au montage lors de sa sortie, No Country For Old Men est la deuxième adaptation au cinéma d’un roman de l’auteur américain Cormac McCarthy qui obtiendra le Prix Pulitzer avec son roman suivant, le road-movie apocalyptique La Route, adapté au cinéma en 2009. Considéré comme un des plus grands écrivains américains contemporains (avec Thomas Pynchon, Philip Roth ou Don DeLillo), son premier roman, le récit sanglant de la Conquête de l’Ouest, Méridien de Sang, publié en 1985, est souvent vu comme un des plus grands romans américains du 20e siècle.

3. Les Frères Coen

S’ils s’étaient inspirés des oeuvres de Dashiell Hammett pour leur Miller’s Crossing et de L’Odyssée de Homère pour O’Brother, les frères Coen n’avaient jamais adapté auparavant une oeuvre littéraire, de surcroît une oeuvre très contemporaine, le roman ayant été écrit quelques mois seulement avant le début du tournage. Ils ont ainsi raconté à Charlie Rose : “Pourquoi pas commencer avec Cormac? Pourquoi ne pas commencer avec le meilleur? No Country For Old Men n’est pas comme ses autres romans. C’est plus proche de la littérature pulp. On a donc pas changé beaucoup de choses dans l’adaptation. C’est plus un travail de compression. Nous n’avons rien créé de nouveau.”

4. Un retour aux sources

No Country For Old Men marque un retour aux sources pour les frères Coen qui avaient un peu délaissés les films très noirs pour se concentrer sur des comédies comme Ladykillers, O Brother ou Intolérable Cruauté. Avec No Country For Old Men, ils retrouvent ainsi le style des néo-noirs Fargo ou Sang Pour Sang. Dans les trois films, on retrouve ainsi ce sens du nihilisme et du pessimisme, ainsi que les thèmes récurrents de la chance, du libre-arbitre et de la pré-destination.

Ils racontent : “Il y a pas mal d'humour dans le livre, même si on ne peut pas franchement le qualifier de roman humoristique. C'est un humour très noir - et c'est la caractéristique qui nous définit. Le livre est également violent, presque sanglant. C'est certainement d'ailleurs le film le plus violent que nous ayons jamais fait.”

5. Josh Brolin

No Country For Old Men a marqué le retour en grâce de Josh Brolin qui, avant ça, connaissait une grosse traversée du désert. Révélé à l’adolescence par Les Goonies, son premier film, il n’arrivera jamais vraiment à s’imposer au cinéma dans les années 80 et 90. Depuis le film des frères Coen, il est devenu un acteur exigeant avec des rôles dans W de Oliver Stone, Men In Black 3, American Gangster, Harvey Milk et True Grit, à nouveau avec les frères Coen.

Les frères Coen ont raconté au Guardian : “Nous étions pas du tout satisfaits des gens que nous avions vu avant lui. Nous avions besoin de la même chose que nous avions avec Tommy [Lee Jones]: quelqu’un d’une stature équivalente qui pouvait authentiquement faire partie de ce paysage. Ces deux choses ensemble... Ca nous a surpris que ce soit si difficile à trouver. Nous étions vraiment malheureux avant qu’il auditionne. Sans lui, tout le film aurait sonné faux.”

6. Javier Bardem en méchant culte

L’acteur espagnol, dans le rôle du tueur Anton Chigurh, incarne probablement ce qui est le plus grand méchant du cinéma des années 2000. Outre son mutisme, son teint blafard et la violence froide avec laquelle il assassine ses cibles (ou de parfaits innocents), c’est surtout sa spectaculaire coupe de cheveux qui retient l’attention et fait froid dans le dos, comme le raconte les frères Coen au Guardian : “Ce bol est fantastique. Nous avons vu cette coupe sur une photo d’un type dans un bar d’une ville frontalière du Texas en 1979 et on l’a juste copiée. Javier l’a vraiment embrassé avec enthousiasme.”

Dans le Los Angeles Times, Bardem en parla également : “Vous n’avez pas à jouer la coupe de cheveux. La coupe de cheveux joue toute seule. Vous n’avez donc pas à jouer bizarrement si vous avez cette coupe bizarre.”

7. Un film d’ambiance (avec peu dialogues)

Pour signifier la violence froide, les frères Coen ont choisi un traitement assez rare dans leur filmographie. Eux qui font souvent des films assez bavards avec beaucoup de musique, ils ont choisi cette fois de faire un film avare en dialogue et en musique. Une vraie source d’inquiétude pour Josh Brolin comme il l’a raconté à About.com:

“C’était une vraie peur, c’est clair, car les dialogues, c’est ce sur quoi vous vous reposez en tant qu’acteur. L’art dramatique, c’est du dialogue. Vous devez donc trouver des moyens différents de faire passer des idées. Vous ne voulez trop compenser parce que vous craignez d’être ennuyeux si rien ne se passe. Vous commencez à faire ci et ça, enlever votre chapeau et le remettre ou des conneries comme ça qui n’ont pas besoin d’être là. Alors, oui, j’avais un peu peur de ça au début.”

8. La fin du western

Sam Peckinpah l’avait déjà fait dans les années 70 avec La Horde Sauvage, un western qui marquait la fin d’une époque en confrontant de vieux hors-la-loi à la violence extrême du monde. No Country For Old Men s’inscrit dans cette même logique confrontant les vieilles traditions texanes à la violence froide, méthodique et sans pitié des cartels de la drogue. Les frères Coen ont ainsi parlé de cette filiation au Guardian :

“Nous étions conscient du lien basique à cause du décor, l’ouest du sud, et cet aspect très masculin de l’histoire. Des hommes rugueux dans l’ouest du sud se tirant dessus. C’est définitivement le truc de Sam Peckinpah. Nous étions conscients de ces similarités. Particulièrement dans la partie du film où Woody Harrelson fait une apparition. Il nous a rappelé  un personnage de Peckinpah d’une certaine façon.”

9. Les récompenses

No Country For Old Men a remporté quatre Oscars, celui du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur scénario adapté et du meilleur acteur dans un second rôle (Javier Bardem). Il a également reçu deux Golden Globes et a été présenté en compétition au Festival de Cannes.

10. Les critiques

“Entre road-movie, western, polar, horreur et parodie, les cinéastes jonglent magistralement avec les genres, rendant cette folle cavale aussi haletante que jubilatoire.” - Le Parisien

“Les Coen signent (...) leur retour en grande forme dans un genre de film noir bien à eux, cocktail improbable d'angoisse, d'humour absurde et de contemplation” - Télérama

“Les frères Coen filment le motif usé des grands espaces du western sans clichés ni redites, en les transformant en vecteurs de suspense.” - Les Inrockuptibles

“No Country for Old Men n'est pas seulement un grand moment de virtuosité efficace. Dès le début du film, on s'aperçoit que la mise en oeuvre à plein régime de la mécanique du film noir produit une étrange vapeur, qui manquait ces derniers temps aux films des frères Coen.” - Le Monde

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