10 raisons de regarder KILLER JOE avec Matthew McConaughey sur OCS

Posté par michael le mercredi 10 janvier 2018 il y a 6 jours

1. L’histoire

Chris, un petit dealer de la Nouvelle-Orléans, doit trouver 6 000 dollars sous peine de se faire liquider. Sa solution : faire tuer sa mère pour récolter les 50 000 dollars de son assurance-vie. Il engage alors Killer Joe, flic le jour, tueur à gages la nuit. Se faisant habituellement payer d’avance, il accepte d’être payé sur l’argent de l’assurance à une condition... Il peut “s’amuser” avec Dottie, la jeune soeur de Chris.

image

image

image

2. William Friedkin

Figure de proue du Nouvel Hollywood dans les années 70, William Friedkin est un des réalisateurs les plus versatiles et rageurs du cinéma hollywoodien. Révélé par les deux films phénomènes L’Exorciste et French Connection, il a poursuivi sa carrière avec des films comme Le Convoi de la Peur (remake du Salaire de la Peur), Cruising (avec un Al Pacino infiltré dans les milieux gays S&M) ou le polar Police Fédérale Los Angeles (et sa célèbre course-poursuite). Après une longue traversée du désert dans les années 90 et 2000, il a enchaîné Bug et Killer Joe, deux films indépendants qui compensaient leur petit budget par une rage viscérale bourrée d’idées visuelles et narratives.

3. D’après une pièce d’un auteur dont vous connaissez sûrement le visage

Killer Joe marque la deuxième collaboration de William Friedkin avec l’auteur Tracy Letts après Bug. L’auteur de théâtre, à nouveau adapté récemment au cinéma dans Un été à Osage County (avec Meryl Streep et Julia Roberts), est par ailleurs aussi acteur : on l’a vu dans la série Homeland (le directeur de la CIA Lockhart) et récemment dans la série HBO, Divorce.

Au théâtre, Killer Joe était joué par Scott Glenn (L’Etoffe des Héros), Amanda Plummer (Pulp Fiction), Michael Shannon (Man Of Steel), Sarah Paulson (la série American Crime Story : The People vs. OJ Simpson)

4. La renaissance de Matthew McConaughey

Killer Joe est une étape fondamentale de ce que l’on a appelé la McRenaissance. Après des années à enchaîner les comédies romantiques (Un Mariage Trop Parfait, Playboy à saisir, Comment se faire larguer en 10 leçons etc.), Matthew McConaughey s’est ainsi réinventé en devenant un acteur “sérieux” qui choisit des rôles intenses et mémorables, le plus souvent dans des films indépendants, des films comme Mud, Le Loup de Wall-Street, Magic Mike, Bernie, La Défense Lincoln, Paper Boy ou Dallas Buyers Club (qui lui vaut un Oscar du meilleur acteur)

image

image

image

5. Gina Gershon

Surtout connue pour son rôle de méchante dans Showgirls et dans Bound, le thriller érotique des Wachowski, Gina Gershon est une de ces actrices dont vous connaissez forcément le visage sans pour autant connaître le nom. C’est surtout une actrice incroyablement sous-estimée qui donne la pleine mesure de son talent dans le rôle de la mère dans Killer Joe.

William Friedkin a ainsi raconté à Vanity Fair que l’actrice ne connaissait pas la peur : “J’ai d’abord parlé à plusieurs autres actrices, des noms qui vous connaissez. Et leur première question était toujours : ‘comment tu vas traiter la nudité ?’ C’était la dernière question. C’était tout. Je leur disais juste : ‘Est-ce que tu as lu le scénario ? Voilà comment je vais la traiter.”

6. Une des scènes les plus intenses (et traumatisantes) du cinéma contemporain

En 1998, quand Killer Joe a été monté Off-Broadway pour la première fois, Tracy Letts avait déjà Gina Gershon en tête pour le rôle de la mère. Mais c’est cette fameuse scène, à la fin du film, qui l’obligea à décliner la proposition. Elle ne voulait pas avoir à la jouer “huit fois par semaine” devant plusieurs dizaines de spectateurs, comme elle l’a raconté au Daily Beast : “Ca m’a toujours ennuyé. Je n’ai généralement pas peur des projets qu’on me propose. Ce n’est pas que ça m’a effrayé. C’est que ça m’a fait flipper. C’est une scène plutôt très dure. Mais je me suis dit que je ne la ferais qu’une seule fois. Je ne veux pas en parler. Je ne veux pas y penser. Faisons-là et puis c’est tout.”

image

image

7. Juno Temple

William Friedkin a raconté à Mubi : “Au départ, je devais faire le film avec Jennifer Lawrence dans le rôle de Dottie. Je ne l’avais pas signée mais j’avais eu un super réunion avec elle. Evidemment, c’était avant qu’elle ne fasse Hunger Games. Mais Winter’s Bone était sorti et je me disais qu’elle était fantastique. Elle est intelligente. A 21 ans, elle a le bon âge. Mais pendant que je passais des auditions d’autres actrices que vous connaissez sûrement, Juno Temple a envoyé à ma directrice de casting, Denise Chamain, une vidéo qu’elle a fait avec son petit-frère de 10 ans. Je ne sais pas comment Juno a vu le scénario. Je n’avais jamais entendu parler de cette jeune femme. Denise m’a dit de regarder la vidéo et, en la regardant, je suis dit que c’était la bonne, que c’était celle que je voulais. Et nous l’avons signé. Elle vit en Angleterre et est venue en Amérique. Elle est venue chez moi pour me rencontrer. Elle avait cet accent anglais très prononcé. Vous aviez besoin de sous-titres. Mais au moment où nous avons tourné Killer Joe, son accent américain était parfait. Juno Temple était un don des Dieux du cinéma. Elle était tout ce que je recherchais, comme l’avait été avant elle Linda Blair [la jeune actrice de L’Exorciste, NDLR]”. 

8. Une version détraquée de Cendrillon

"C’est une version un peu tordue de l’histoire de Cendrillon. Juno Temple joue une jeune fille dont le frère et le père monnayent les charmes auprès d’un tueur à gages chargé d’assassiner leur mère. Cendrillon veut se libérer de cette famille, et la seule solution qui s’offre à elle pour y parvenir, c’est de tomber amoureuse de son prince, un flic qui est aussi tueur à gages", raconte le réalisateur William Friedkin.

9. Un film dans la grande tradition “Southern Gothic”

Killer Joe s’inscrit dans la grande tradition du cinéma dit “Southern Gothic”, ces films qui exploitent les paysages et la température moite du sud des Etats-Unis, des films comme La Nuit du Chasseur, La Chatte sur un toit brûlant, La Poupée de Chair, Un Tramway nommé Désir ou plus récemment Mud, Paper Boy ou la première saison de True Detective.

10. Les critiques

“Cette série B déjantée frôle les sommets! (...) Le jeu de massacre oscille entre le délire des frères Coen et le regard plus clinique de Haneke.” - Positif

“Chez Friedkin, un simple petit bruit, répété à satiété, fait naître la tension. Ce curieux suspense tragi-comique. Et puis, brutalement, il lâche les chiens.” - Télérama

“On entend déjà les moralistes de tout poil crier au scandale devant ce film outrancier (...) la dernière séquence, déchaînement de violence inouïe est sans doute ce qu'on a vu de plus impressionnant et de plus dérangeant depuis un bon bout de temps.” - Première

"L'exercice ne serait que platement caricatural si William Friedkin n'avait pas poussé son film au paroxysme d'une férocité qui rappelle, par moments, le lyrisme nihiliste et sauvage d'un Harry Crews. Assumant le risque de théâtraliser parfois à outrance les scènes les plus crues, Friedkin n'épargne rien, ne se refuse rien.” - Libération

“Matthew McConaughey trouve ici le rôle de sa vie. (...) Un plaisir mêlé d'effroi, qui tire sa légitimité d'un pari aussi problématique qu'admirable.” - Le Monde

Sources Images : tumblr, tumblr, tumblr, tumblr, tumblr, tumblr, tumblr, tumblr, tumblr,

Film Action

© Followatch 2014 . Tous droits réservés