10 mots qui définissent le cinéma de Pedro Almodovar avant TALONS AIGUILLES sur Arte

Posté par michael le mercredi 21 mars 2018 il y a 1 mois

1. Femme

Il est rare que les femmes (qu’elles soient nées ainsi ou souhaite le devenir) ne soient pas au centre de l’intrigue des films de Pedro Almodovar, avec des exemples particulièrement marquants comme Julieta (2016), Volver (2006) ou Tout sur ma mère (1999). Le réalisateur aime montrer leur résilience, leur solidarité, leur force de caractère face au deuil et aux contraintes qu’une société patriarcale leur impose.

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2. Dictature

A 18 ans, les rêves du jeune Pedro Almodovar sont brisés nets quand, après avoir quitté sa province natale sans argent ni travail pour rejoindre Madrid, il se retrouve devant la porte close de l’école de cinéma nationale qui vient d’être fermée par le dictateur Franco. C’est donc en autodidacte, armé d’une caméra Super 8, qu’il apprend la mise en scène. Pendant douze ans, il nourrit son imagination le jour en écoutant les tracas de la classe moyenne émergente à la compagnie du téléphone où il travaille, alors que, la nuit, il écrit et filme une troupe de théâtre.

3. Liberté

Dès la mort de Franco en 1975 et la fin de la dictature en Espagne, Almodovar laisse sa créativité exploser en réalisant d’abord de nombreux courts-métrages puis son premier long en 1980. Le réalisateur devient alors une des principales figures de La Movida Madrilena, un mouvement culturel hédoniste qui met au premier plan de ses oeuvres des thèmes comme le sexe, la prostitution et la drogue.

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4. Religion

Envoyé à 8 ans par ses parents dans une école catholique pour le faire devenir prêtre, le jeune homme a mal vécu ses jeunes années. Rien de tel qu’une éducation rigoureuse pour faire sortir le rebelle en vous ! Influencé par Luis Bunuel qui, lui aussi a critiqué la religion catholique dans ses films, Almodovar a plus tard réalisé des films comme La Mauvaise Education (sur des prêtres pédophiles) en 2004 et Dans Les Ténèbres (l’ancêtre de Sister Act mais avec beaucoup plus de drogues et de sexe !) en 1984.

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5. Acteur

Quand il le retrouve en 2011 pour La Piel Que Habito, Antonio Banderas n’avait pas tourné avec Pedro Almodovar depuis 22 ans. Une très longue période qui aurait presque pu faire oublier les cinq films qui ont fait de l’acteur une star internationale. Almodovar a en effet magnifié le charisme naturel de l’acteur grâce à son rôle de bègue aux mains baladeuses dans Femmes au bord de la crise de nerf en 1988, d’accroc au porno dans Attache-moi en 1989, de matador impuissant dans Matador en 1986 et surtout de terroriste gay à l’odorat surdéveloppé dans Le Labyrinthe des Passions en 1982.

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6. Actrice

Au fil des années, Almodovar a eu de nombreuses muses, de Carmen Maura à Victoria Abril en passant par Cecilia Roth et, plus récemment, Pénelope Cruz. Mais peut-être aucune actrice ne symbolise mieux la passion d’Almodovar pour ses actrices que Marisa Paredes, la mère indigne et capricieuse de Talons Aiguilles (1991), l’actrice de Tout sur ma mère (1999), la romancière à l’eau de rose aux idées sombres de La Fleur de Mon Secret (1995) ou la nonne shootée au LSD de Dans Les Ténèbres (1984).

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7. Désir

Le sexe, sous toutes ses formes, est au centre de tous les films de Almodovar. C’est d’ailleurs tellement intense que, même en préférant les garçons, le réalisateur finit par éprouver du désir pour ses actrices comme il le racontait à So Film à propos de Penelope Cruz : “Je reconnais que je la désirais quand je la filmais, pour de vrai. Je peux le dire maintenant que ce tournage est loin : Volver a été pour moi le paroxysme d'un désir énorme. Qui ne s'est jamais matérialisé. Ceci étant dit, il y a eu des moments pendant nos tournages où elle n'était pas en couple... Mais bon, c'est mieux comme ça ! Je n'ai jamais eu de rapports de ce genre.”

8. Mélodrame

A ses débuts, Almodovar était surtout connu pour ses comédies déjantées et loufoques un peu anarchistes. Puis, son style évolue avec Femmes au bord de la crise de nerf qui incorpore des éléments de mélodrame façon soap-opera. Dans les années 90 et surtout 2000, avec des films comme Tout sur ma mère et Parle avec ellele réalisateur embrasse totalement le mélodrame pur et dur dans la veine des grands classiques de Douglas Sirk.

9. Rouge

Un film de Pedro Almodovar se remarque au premier coup d’oeil. Il suffit de chercher la couleur rouge. Elle est partout, toujours. Dans les décors, dans les lumières, dans les costumes, la couleur du sang, de la passion, de la colère est omniprésente.

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10. Méta

Outre ses nombreuses références au cinéma de Douglas Sirk ou de Alfred Hitchcock, Almodovar aime jouer avec ses propres films. Par exemple, les histoires de Volver et de Tout sur ma mère (qui fait référence aussi à Un Tramway nommé Désir) viennent de livres écrits par le personnage principal de La Fleur de mon secret. Dans Etreintes Brisés, un scénariste aveugle se rappelle de ses précédents films dont un n’est autre que Femmes au bord de la crise de nerf qui, lui, fait référence au Labyrinthe des Passions.

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