11 raisons de regarder L’ORDRE ET LA MORALE de Mathieu Kassovitz

Posté par michael le lundi 25 juin 2018 il y a 3 semaines

1. L’histoire vraie

L’ordre et la morale retrace les évènements d’Ouvéa : le meurtre de quatre gendarmes et la prise d’otages de vingt-sept autres lors de l’attaque de la gendarmerie de Fayaoué en Nouvelle-Calédonie par des indépendantistes kanaks, le 22 avril 1988, suivi de “l’opération Victor”, l’assaut de la grotte de Gossanah où ils s’étaient réfugiés, trois jours avant le second tour de l’élection présidentielle entre François Mitterrand et Jacques Chirac.

2. Le retour de Mathieu Kassovitz derrière la caméra

Quand sort L’Ordre et la morale en 2011, Mathieu Kassovitz n’a pas tourné en France depuis plus de 10 ans et Les Rivières Pourpres en 2000. Le réalisateur césarisé et récompensé pour La Haine en 1995 avait alors tenté sa chance aux Etats-Unis où il avait un peu gâché son talent avec Gothika et Babylon A.D. co-production internationale qui l’avait occupé pendant plusieurs années.

3. Le prolongement d’une oeuvre engagée

L’ordre et la morale marque ainsi le retour de Kassovitz au cinéma français et au vrai cinéma engagé (et enragé) qui l’a fait connaître dans le monde entier. Un cinéma qu’il n’a pourtant jamais vraiment quitté grâce à sa carrière d’acteur dans des films comme Munich de Steven Spielberg et surtout Amen de Costa-Gavras.

4. Un film politique dans la veine de Yves Boisset ou Costa-Gavras

En regardant L’Ordre et la morale, avec son mélange de politique et d’action, on ne peut s’empêcher de penser aux thrillers politiques des années 70 réalisés par Yves Robert ou Costa-Gavras, des films comme R.A.S, L’attentat, Z, Section Spéciale ou Etat de siège.

5. Un vrai soucis d’authenticité d’un côté...

Comme le raconte Mathieu Kassovitz : “Mon problème, c’était de trouver qui allait jouer Alphonse Dianou. En métropole, il y a, je crois, cinq acteurs kanaks répertoriés dont quatre étaient impossibles à envisager à cause de leur âge... On s’est posé la question de tourner avec des Africains, avec des Antillais mais très vite, on s’est dit que ce n’était pas possible. Nous pouvions changer d’endroit mais on ne pouvait pas ne pas le faire avec des Kanaks. (...) Et puis, mon directeur de casting est tombé sur Iabe Lapacas, un Kanak qui vit aujourd’hui en métropole et qui fait des études d’avocat. Il se trouve qu’en plus c’est un cousin d’Alphonse Dianou... Il a accepté après avoir demandé l’autorisation à sa famille et il a assumé son choix.”

6. ....Comme de l’autre

“Cela a été la même chose avec Philippe de Jacquelin Dulphé qui joue le Général Vidal qui est, lui, un vrai militaire, un ancien colonel. Lui aussi est arrivé avec l’envie de raconter certaines choses sur les militaires. Quand je réfléchissais au casting, je me disais : « Il va y avoir un Kanak qui n’a jamais fait de cinéma pour jouer Alphonse, il sera entouré d’une trentaine de gars qui n’auront jamais fait de cinéma non plus, et en face d’eux qu’est-ce que je mets ? Des comédiens connus, de vrais acteurs ? » Je suis plutôt allé chercher du côté des anciens militaires, des légionnaires, des hommes du GIGN, dont certains vivaient sur place, et puis je les ai mélangés à de vrais comédiens. Cela mettait tout le monde un peu en danger.”

7. Les scènes d’action

Ce qui empêche L’Ordre et la morale de devenir un simple film-dossier sur un fait historique, ce sont les scènes d’action, en particulier la scène de l’assaut final, mise en scène sèchement par Mathieu Kassovitz, où on voit son personnage ramper sous les balles sans voir dans le brouillard des fumigènes. Un grand moment de cinéma !

8. L’absurdité de la guerre dans la lignée de Apocalypse Now et La Ligne Rouge

L’ordre et la morale, c’est avant tout une histoire de trahison et de remords, une plongée au coeur des ténèbres dans un décor paradisiaque, un thème qui est aussi celui de quelques uns des plus grands chefs d’oeuvre du film de guerre, à l’image de Apocalypse Now de Francis Ford Coppola ou La Ligne Rouge de Terrence Malick.

9. Un vrai film polémique

A sa sortie, L’ordre et la morale (en partie basé sur un rapport accablant de La Ligne des Droits de l’Homme à l’encontre de l’Etat français) a provoqué une très grosse polémique entre ceux reprochant au film d’être de la désinformation et ceux, au contraire, qui y voyait un rétablissement d’une vérité souvent éclipsée par “l’histoire officielle”, celle des preneurs d’otage Kanaks exécutés sommairement par les militaires et celle des responsabilités politiques de Jacques Chirac et François Mitterand qui avaient les moyens d’éviter le carnage.

10. Un film peu vu qui mérite d’être réhabilité

Sorti en plein phénomène Intouchables, L’Ordre et la morale a été un échec au box-office français, ce qui n’est pas une raison valable de le zapper à la télé.

11. Les critiques

“Kassovitz revient aux affaires, et c'est une bonne nouvelle pour le cinéma français.” - Première

“L'ordre et la morale témoigne d'une maîtrise très enviable, notamment dans la conduite du récit et la découverte des enjeux politiques” - Le Nouvel Observateur

“Mathieu Kassovitz renoue avec la force et l'inspiration de "La Haine" (...) et réussit de grands moments de cinéma.” - Positif

“Le scénario a le bon goût de ne pas verser dans le démontage minutieux des mécanismes d'un complot.” - Libération

“Le cinéaste a retrouvé le meilleur de lui-même. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le film commence et finit avec le même style de plan que dans "La Haine", dont il a conservé la force et la puissance.” - Le Journal du Dimanche

Sources Images : Nord-Ouest Films

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