13 raisons de regarder BOULEVARD DU CREPUSCULE de Billy Wilder

Posté par michael le lundi 7 mars 2016 il y a 2 ans

1. L’histoire

Norma Desmond, grande actrice du muet, vit recluse dans sa luxueuse villa de Sunset Boulevard en compagnie de Max von Meyerling, son majordome qui fut, autrefois, son metteur en scène et mari.

Joe Gillis, un scénariste sans le sou, pénètre par hasard dans la propriété et Norma lui propose de travailler au scénario du film qui marquera son retour à l'écran, Salomé. Joe accepte, s'installe chez elle et devient bientôt son amant. Mais les extravagances de la vieille actrice se transforment bientôt en paranoïa...

2. Billy Wilder

Le réalisateur a débuté comme scénariste, notamment sur quelques classiques de la comédie romantique comme La Huitième Femme de Barbe Bleue et Ninotchka (avec Greta Garbo) pour Ernst Lubitsch ou Boule de Feu pour Howard Hawks qui lui valent plusieurs nominations aux Oscars.

Il est reconnu comme réalisateur en 1944 avec le polar Assurance sur la mort pour lequel il reçoit l’Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. Un exploit réitéré dès l’année suivante avec le drame sur l’alcoolisme Le Poison.

Depuis, il va s’imposer comme un des plus grands et versatiles réalisateurs américains, accumulant les récompenses avec des comédies comme Certains l’aiment chaud avec Marilyn Monroe, des polars comme Témoin à Charge et Le Gouffre aux Chimères, des comédies romantiques comme Sabrina avec Audrey Hepburn et La Garçonnière avec Shirley MacLaine et Jack Lemmon et même des films de guerre comme Stalag 17.

3. Un film basé sur une part de vérité

Billy Wilder a toujours été fasciné par les stars d’Hollywood et, en particulier, leurs vastes maisons construites après l’explosion du cinéma au début du siècle. Il s’est ainsi toujours demandé ce qui pouvait bien se passer dans ces gigantesques demeures souvent habitées par de vieilles stars tombées en désuétude.

On peut donc voir dans le personnage de Norma Desmond un mélange entre Mary Pickford, qui a vécu recluse à la fin de sa vie, et Mae Murray et Clara Bow qui ont souffert toutes leur vie de troubles mentaux. Beaucoup parlent aussi de Norma Talmadge qui prit sa retraite dès le début des années 30 après avoir amassé une gigantesque fortune.

4. Gloria Swanson

De nombreuses actrices, anciennes stars du cinéma muet, furent approchées par Billy Wilder pour jouer le rôle de Norma Desmond : Pola Negri, Norma Shearer, Greta Gabro et même Mary Pickford.

C’est le réalisateur George Cukor (Indiscrétions, Madame porte la culotte...) qui suggéra à Billy Wilder l’actrice Gloria Swanson, une star du muet qui s’était reconvertie dans la radio et la télévision à New York après l’arrivée du cinéma parlant.

Wilder déclarera plus tard qu’il “y avait beaucoup de Swanson dans Norma”. L’actrice, en se vexant que les studios Paramount lui demandent de passer une audition (alors qu’elle avait tourné 20 films pour eux), inspira même une des répliques du film : “Sans moi, il n’y aurait pas de Paramount !”

5. L’art imite la vie : la réunion de Gloria Swanson et Erich Von Stroheim

Dans Boulevard du Crepuscule, le majordome/ex-mari de Norma est incarné par l’acteur-réalisateur Erich Von Stroheim. Célèbre réalisateur de films muets, ce dernier ne put jamais terminer ce qui aurait dû être son chef d’oeuvre, l’épique La Reine Kelly. En 1928, il fut en effet renvoyé du tournage, ruinant sa carrière de réalisateur, par son actrice principale qui n’était autre que... Gloria Swanson.

20 ans plus tard, dans une scène ironique (voulue par Van Stroheim) où l’art imite la vie, Max, le personnage de Von Stroheim, projète à Norma, le personnage de Gloria Swanson, le film qui a fait d’elle une star, un film réalisé par lui, son ex-mari, ancien réalisateur. Un film qui n’est autre que... La Reine Kelly.

6. William Holden

C’est le jeune Montgomery Clift (qui deviendra une star avec Une Place au soleil en 1951 et Tant qu’il y aura des hommes en 1953) qui devait incarner le rôle de Joe Gillis. Mais celui-ci se désista au tout dernier moment, arguant qu’il avait déjà joué le rôle d’un jeune homme séduisant une femme plus âgée dans L’Héritière en 1949). Dans les allées, on disait surtout que Clift avait refusé à cause de sa petite amie de l’époque, la chanteuse Libby Holman, de 16 ans son aîné, qui aurait craint que le film soit pris pour une parodie de leur relation.

Après avoir envisagé Fred MacMurray (qu’il avait dirigé dans Assurance sur la mort), Gene Kelly et même un tout jeune Marlon Brando (qui n’avait encore jamais joué au cinéma), Billy Wilder choisit William Holden qui devint une star mondiale grâce à Boulevard du Crepuscule. On l’a vu ensuite dans les rôles principaux du Pont de la Rivière Kwai, Network, La Horde Sauvage ou Sabrina.

7. Un mélodrame tourné comme un film noir

Entre l’humour cynique et pince-sans-rire du scénario de Billy Wilder, les décors gothiques de la vieille demeure de Norma Swanson et les images oscillant entre le funèbre de la maison et les lumières de Los Angeles, Boulevard du Crépuscule rappelle autant les grands films noir que les grands mélodrames flamboyants et baroques.

8. Une image marquante (qui a failli ne jamais voir le jour)

A l’origine, le film devait s’ouvrir sur une scène dans laquelle des cadavres se réveillent dans une morgue et racontent comment ils sont morts, l’un d’eux étant Joe Gillis. Mais les spectateurs en projection-tests trouvaient la scène trop longue et trop “comiques” et “absurdes” pour le reste du film.

Billy Wilder eut donc l’idée de la scène où Joe Gillis flotte dans la piscine, tout en gardant l’idée du “narrateur mort”. Une image particulièrement compliquée à tourner avec les moyens de l’époque qui est rentrée dans l’histoire du cinéma.

9. Des répliques mémorables et cultes

Trois répliques du film sont particulièrement restées célèbres à travers les décennies et comptent parmi les plus grandes répliques de l’histoire du cinéma : “All right, Mr. DeMille, I'm ready for my close-up”(”Très bien, Mr DeMille, je suis prête pour mon gros-plan”), “I am big, it's the pictures that got small!” (Je suis une grande. Ce sont les films qui sont devenus petits” et “We didn't need dialogue. We had faces” (”Nous n’avions pas besoin de dialogues. Nous avions des visages.”)

10. Des caméos de vieilles stars d’Hollywood

Dans une scène mémorable et macabre où Norma joue au bridge avec d’autres vieilles stars du muet, ce sont les vraies qui jouent leur propre rôle, en particulier Buster Keaton.

Mais au générique de Boulevard du Crepuscule, on compte aussi le véritable Cecile B. DeMille, le réalisateur qui avait fait de Swanson une star à l’époque du muet mais qui, lui, réussit à très bien s’adapter au parlant. D’ailleurs, dans la scène où Norma vient lui rendre visite aux studios Paramount, le réalisateur est en train de tourner le film Samson et Dalila qui deviendra son plus grand succès (avant qu’il ne réalise Sous le plus grand chapiteau du monde en 1952 et Les Dix Commandements en 1956).

11. Une satire féroce d’Hollywood

Conscient que son film, très critique à l’égard d’Hollywood, ne plairait pas à tout le monde dans le petit milieu, Billy Wilder laissa penser qu’il était en train de réaliser une comédie intitulée “Can of Beans” (une boîte de haricot).

Des soupçons justifiées d’ailleurs : à la fin de l’avant-première du film, Louis B. Mayer, le patron du studio MGM, aurait dit à Wilder : “Salopard ! Vous avez déshonoré l’industrie qui vous a fait et vous a nourri. On devrait vous punir par le goudron et les plumes et vous virer d’Hollywood”

12. Des dizaines de récompenses

Ce retour des puissants n’a pourtant pas empêché Boulevard du Crépuscule d’être nommé onze fois aux Oscars (dont meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice, meilleur acteur, meilleure photo ou meilleurs acteurs et actrices de second rôle). Il en obtiendra trois (meilleur scénario, meilleure musique et meilleurs décors)

13. Les critiques

“[Le] film nous saisit et nous entraîne au-delà du film, au-delà des films.” - Les Cahiers du Cinéma (1951)

“Le mélodrame est de haute tenue, les acteurs remarquables.” - Le Nouvel Observateur (1980)

“Par son cadre et par ses interprètes, ce mélodrame (…) se hausse au rang de la tragédie.” - France-Soir (1980)

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