11 raisons de regarder LE LABYRINTHE DE PAN de Guillermo Del Toro

Posté par michael le lundi 22 août 2016 il y a 2 ans

1. L’histoire

En Espagne, en 1944, Carmen s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste. Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle est la princesse disparue d'un royaume enchanté.

2. Guillermo Del Toro

Révélé au début des années 90 par Cronos, un détournement très malin du mythe du vampire, le mexicain Guillermo Del Toro s’est exilé rapidement à Hollywood où il a pu donné libre court à son imagination sans bornes pour créer les plus incroyables bestiaires du cinéma des années 2000 avec, notamment les films d’horreur Mimic et Crimson Peak, les films de super-héros Blade 2, Hellboy et Hellboy 2 ainsi que le blockbuster Pacific Rim.

Le réalisateur avoue dans les commentaires du DVD que Le Labyrinthe de Pan a bien failli le tuer. Il a perdu près de 20 kg pendant le tournage.

3. Un compagnon de route à un précédent film

Le Labyrinthe de Pan a été conçu comme un film-miroir à L’Echine du Diable, le film de fantômes qu’il avait tourné en Espagne cinq ans auparavant et qui était sorti quelques semaines après le 11 Septembre 2001. Le Labyrinthe de Pan se déroule ainsi dans cette même Espagne franquiste, cinq ans après L’Echine du Diable. Cinq années comme un miroir au changement du monde et à sa relation à la violence et à l’innocence.

4. Le sens du détail

Si vous regardez attentivement les décors, vous noterez plein de petits détails qui vous informeront sur l’histoire. Par exemple, dans la grande maison de Vidal, vous pouvez voir apparaître la tête de Pan dans le design (par exemple dans les boiseries de l’escalier), renforçant subtilement l’idée que la magie pénètre lentement le monde réel.

Autres petits détails, vous pourrez noter en regardant le film que les scènes avec Ofélia sont pleines de formes rondes et de couleurs chaudes tandis que les scènes avec Vidal sont pleines de formes droites et de couleurs froides. Au fur et à mesure, les deux types de formes et de couleurs finissent par se mélanger.

Pas étonnant que Le Labyrinthe de Pan ait obtenu l’Oscar des meilleurs décors et de la meilleure photographie.

5. Stephen King est fan

Guillermo Del Toro a raconté dans une interview qu’il avait eu le plaisir d’être assis près du célèbre romancier lors d’une projection en Nouvelle-Angleterre durant laquelle King n’a pas arrêté de frétiller sur son siège pendant la scène de l’homme pâle. Le réalisateur a dit que “c’était la meilleure chose qui lui soit jamais arrivé de toute sa vie.”

6. Ivana Baquero

La jeune actrice, qui a débuté au cinéma à 8 ans dans plusieurs films espagnol, notamment Fragile de Jaume Balaguero (réalisateur de REC), a été si impressionnante lors de son audition que Guillermo Del Toro changea légèrement son personnage d’Ofelia, la faisant passer d’une petite fille de 8 ans à une jeune fille de 11 ans. Eduquée à l’Ecole Américaine de Barcelone, Ivana Baquero s’est depuis illustrée dans plusieurs films en anglais comme Another Me avec Sophie Turner (de Game of Thrones) et surtout dans la série de MTV, Les Chroniques de Shannara.

7. Doug Jones et l’incroyable bestiaire

L’acteur américain, spécialisé dans les rôles de monstres grâce à ses talents de mime, tourne avec Guillermo Del Toro depuis les débuts de ce dernier à Hollywood. Depuis, il est apparu dans Hellboy (Abe Sapien) et Hellboy II (Abe Sapien, Chamberlain, L’ange de la mort). C’était donc naturel que le réalisateur mexicain lui propose les rôles de Pan et de l’homme pâle. Problème : Jones ne parlait pas espagnol mais tenait à dire ses répliques lui-même. Et avec cinq heures de maquillage par jour, cela lui laissait largement le temps de perfectionner son accent. Malheureusement, ce ne fut pas suffisant, Guillermo Del Toro décidant de faire doubler sa voix en post-production par Pablo Adan, un acteur de théâtre espagnol.

8. Un film anti-fasciste (et anti-église)

Dans une interview à Screen Anarchy, Guillermo Del Toro raconte :

“Quand je faisais des recherches pour le film L’Echine du Diable, j’ai découvert la participation horrible et complice de l’Eglise au mouvement fasciste en Espagne. Les mots que prononce le prêtre pendant le dîner dans Le Labyrinthe de Pan sont la réplique exacte du discours d’un prêtre dans un camp de concentration fasciste pour les prisonniers républicains. Il venait leur donner la communion et il disait avant de partir : ‘Rappelez-vous, mes enfants, vous devriez confesser ce que vous savez car Dieu n’a rien à faire de ce que arrive à votre corps, il a déjà sauvé vos âmes’. C’est la réplique exacte de ce discours. L’homme pâle représente l’Eglise pour moi. Il représente le fascisme et l’Eglise mangeant les enfants alors qu’ils ont un abondant banquet devant eux. Il y a presque une soif de dévorer l’innocence, une soif de dévorer la pureté.”

9. Une scène de violence quasi-insoutenable

Cette scène dans laquelle Vidal défonce le visage d’un homme avec le cul d’une bouteille de vin est directement inspirée d’une expérience vécue par Guillermo Del Toro et un de ses amis qui s’est fait agressé et défoncé le visage avec une bouteille. Le réalisateur raconte qu’un détail est resté bloqué dans sa mémoire : la bouteille ne s’est jamais cassée.

Mais cette scène est aussi basée sur une histoire réelle s’étant déroulée pendant la Guerre d’Espagne : un fasciste est entré dans une épicerie et a défoncé le visage d’un des clients avec la crosse de son revolver car celui-ci n’avait pas enlevé son chapeau.

Guillermo Del Toro voulait montrer avec cette scène que, si la Guerre d’Espagne a fait 500 000 morts, la moitié d’entre eux étaient des civils exécutés ou tués de sang froid sans raison apparente.

10. La fin... ambigue

Une des grandes réussites du Labyrinthe de Pan est sa fin. Est-elle réelle ou imaginée ? Suivant son penchant naturel pour l’optimisme et/ou pour la fantaisie ou, au contraire, pour le pessimisme et/ou le rationnel, on peut l’interpréter de façon différente. Guillermo Del Toro raconte ainsi que “le film est comme un test de Rorschach”.

Mais pour Guillermo Del Toro, évidemment, la vraie interprétation de la fin, est celle de la “fantaisie”.

11. Les critiques

“Le Labyrinthe de Pan est avant tout un conte de fée pour adultes, un vivace plaidoyer contre le fascisme qui trouve son écho dans une poignée de scènes dont la violence est d'autant plus insoutenable qu'elle est réaliste.” - L’Ecran Fantastique

“L'élégance du film de Guillermo del Toro ne réside pas seulement dans son refus d'accorder une toute-puissance à la fantaisie pure. Elle réside dans l'inspiration dont témoigne la beauté plastique du film et dans l'invention sidérante qu'expriment les silhouettes formidables et effrayantes qui le peuplent.” - Le Monde

“Le Labyrinthe de Pan est une claque visuelle de tous les instants, une déclaration d'amour au cinéma.” - Mad Movies

“Guillermo Del Toro (...) filme cette fable de larmes et de sang dans des décors grandioses qui rivalisent avec ceux d'un Tim Burton.” - Libération

“Chef-d'oeuvre . L'esprit de Lewis Caroll, celui de Jean Cocteau et l'Espagne franquiste se rejoignent pour composer le plus explosif des cocktails. Étonnant.” - L’Humanité

“Del Toro compose une fable tragique à l'imaginaire exalté et exaltant.” - Première

“Chef-d'oeuvre émotionnel et viscéral d'une beauté rare” - Positif

Sources Images : tumblr, tumblr, tumblr, tumblr, tumblr, tumblr,

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