11 raisons de regarder LE CONVOI DE LA PEUR

Posté par michael le lundi 19 janvier 2015 il y a 1 an

1. L'histoire

Quatre hommes de nationalités différentes, chacun mis au banc de la société dans son pays et travaillant dans l'extraction du pétrole en Amérique du Sud, accepte de transporter deux camions remplis de nitroglycérine à travers la jungle.

2. Un vague remake du Salaire de la Peur

Le Convoi de la Peur est le remake du chef d'oeuvre de Henri-George Clouzot réalisé en 1953 avec Yves Montand et Charles Vanel, un film qui avait remporté le Grand Prix du Festival de Cannes et l'Ours d'Or à Berlin.

Néanmoins, le réalisateur et son scénariste ont choisi de ne garder que le concept d'origine plutôt que de faire un remake trop proche de l'original, film assez vu dans le monde anglo-saxon.

3. Un scénariste de prestige

On doit le scénario du Convoi de la Peur à Walon Green, qui avait reçu auparavant une nomination à l'Oscar du meilleur scénario pour La Horde Sauvage de Sam Peckinpah.

Dans les années 80 et 90, il a beaucoup travaillé avec Dick Wolf sur les séries New York Police Juidiciaire après avoir été récompensé d'un Emmy pour son travail sur la série policière culte Capitaine Furillo.

4. La légende William Friedkin

Auréolé des succès gigantesques de French Connection et L'Exorciste, William Friedkin a débuté le projet du Convoi de la Peur comme un film à petit budget en attendant de pouvoir réaliser la suite de L'Exorciste. Il estima le budget à 2,5 millions de dollars. Mais au fur et à mesure que le projet avança, il commença à penser que le film serait son chef d'oeuvre. Au final, le film a coûté 22 millions de dollars, obligeant les studios Universal et Paramount à s'associer pour le produire !

Dans son livre Le Nouvel Hollywood, Peter Biskind affirme que Friedkin était en compétition avec Francis Ford Coppola qui tournait au même moment, aux Philippines, Apocalypse Now.

Aujourd'hui encore, Friedkin pense que Le Convoi de la peur est son meilleur film.

5. Un réalisme quasi-documentaire

La grande différence entre Le Salaire de la peur et Le Convoi de la peur est l'approche quasi-documentaire de William Friedkin, comparé à l'académisme de Clouzot. Réputé pour son style à la frontière du "cinéma-vérité", Friedkin ancre Le Convoi de la peur dans un réalisme très prenant.

6. Un tournage épique

Tourné en pleine jungle dominicaine, environ cinquante personnes (soit la moitié de l'équipe) ont du quitter le tournage pour cause de blessures graves, empoisonnement alimentaire, malaria, ou de gangrènes. Friedkin lui-même a perdu 23 kilos sur le tournage et s'est vu diagnostiquer un cas de malaria après l'avant-première du film !

7. Roy Scheider

William Friedkin aurait voulu Steve McQueen dans le rôle principal, celui de Jack Scanlon, petit criminel recherché par la mafia et la police après un braquage ayant mal tourné. L'acteur adorait le scénario mais déclina l'offre car il ne voulait pas quitter le pays et laisser sa femme Ali McGraw.

Le rôle fut aussi proposé à Clint Eastwood et à Jack Nicholson qui le déclinèrent avant d'atterrir chez Roy Scheider, tout juste auréolé du gigantesque succès des Dents de la Mer et avec qui Friedkin avait déjà travaillé sur French Connection.

Il y a eu énormément de violentes disputes entre l'acteur et le réalisateur, beaucoup affirmant que Scheider avait pris la grosse tête et se comportait en diva après le succès des Dents de la Mer.

8. Bruno Cremer

William Friedkin aurait voulu Lino Ventura pour le rôle de Victor Manzon, un banquier parisien accusé de malversations financières. Mais ce dernier se désista en même temps que Steve McQueen. Il se rabattit sur Bruno Crémer qui venait de tourner dans le Section Spéciale de Costa-Gavras, nommé au Golden Globe du meilleur film étranger en 1975.

C'est le premier rôle américain de l'acteur.

9. La musique de Tangerine Dream

C'est la première musique de films hollywoodien composée par le groupe de musique électronique allemand, Tangerine Dream. Une première expérience qui contribuera à leur énorme popularité dans le cinéma hollywoodien des années 80. On leur doit en effet les musiques de classiques comme Risky Business avec Tom Cruise, Aux Frontières de l'aube de Kathryn Bigelow, Legend de Ridley Scott ou encore Le Solitaire de Michael Mann.

10. Un échec commercial sauvé par la critique

Sorti un mois tout juste avant Star Wars, beaucoup on attribué l'énorme échec commercial du Convoi de la Peur à l'arrivée sur les écrans de la saga de George Lucas.

Mais la critique a depuis largement réhabilité le film qui jouit aujourd'hui d'une base de fans très dévoués. Quentin Tarantino, par exemple, cite fréquemment le film comme un de ses dix préférés de tous les temps.

11. Le film qui marque la fin d'une époque

L'échec commercial du film en 1977 est aussi vu par beaucoup comme la désaffection du public pour les films dit du "Nouvel Hollywood", ces films de Martin Scorsese, Brian De Palma, Hal Hashby, Michael Cimino, Arthur Penn, Francis Ford Coppola ou William Friedkin, ces films qui ont permis à leurs auteurs d'expérimenter au sein des studios et de laisser libre-court à leur folie créatrice.

La fin des années 70 est ainsi marqué par les énormes échecs des films des maîtres de l'époque, à l'image de La Porte du Paradis de Michael Cimino, Coup de Coeur de Francis Ford Coppola, New York New York de Martin Scorsese et donc Le Convoi de la peur de William Friedkin, tandis que des films tout dédiés au divertissement comme Star Wars de George Lucas et Les Dents de la Mer se sont mis à cartonner.

 

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